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Pour Jim Yong Kim, président de la Banque mondiale, il est temps d'investir dans les infrastructures (archives)

KEYSTONE/EPA/SHAWN THEW

(sda-ats)

La Banque mondiale s'est montrée mardi plus pessimiste sur la croissance économique face à "l'incertitude croissante" entourant les intentions de la future administration Trump. Elle a renoncé à fournir de nouvelles prévisions pour les Etats-Unis.

"Les répercussions de ce qui s'y passe ne se limitent pas aux Etats-Unis", explique Ayhan Kose, le principal auteur du rapport semestriel de l'institution sur la conjoncture internationale.

Selon les nouvelles prévisions, le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait progresser cette année de 2,7%, accélérant par rapport aux 2,3% atteints en 2016, mais marquant le pas (-0,1 point) par rapport aux projections publiées en juin dernier.

"Il y a une incertitude croissante sur la future orientation budgétaire et commerciale et sur la politique migratoire et étrangère aux Etats-Unis", justifie l'organisation de développement économique, qui réunit 189 pays.

Fait rarissime, la Banque mondiale renonce même à fournir de nouvelles prévisions pour la première puissance économique mondiale, du fait du flou entourant encore le programme du président élu Donald Trump à dix jours de sa prise de fonctions.

Miser sur les infrastructures

L'institution reconnaît que certaines propositions du futur président américain pourraient soutenir la croissance mondiale, comme son plan massif dans les infrastructures ou sa proposition de sabrer l'impôt sur les sociétés.

"Une politique budgétaire plus expansionniste pourrait mener à une croissance plus forte aux Etats-Unis et à l'étranger, sur le court terme", affirme M. Kose.

Cité dans un communiqué, le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim assure, lui, que c'est le "bon moment" pour augmenter les investissements dans les infrastructures (transports, énergie...).

Mais, prévient la Banque, la guerre commerciale que M. Trump a menacé de lancer contre le Mexique ou la Chine à coups de représailles douanières pourrait avoir l'effet inverse et "saper la reprise attendue du commerce mondiale et de l'investissement".

Mexico et Londres en baisse

Cible privilégiée des attaques protectionnistes du président élu américain, le Mexique voit d'ailleurs sa prévision de croissance abaissée de 0,5 point en 2017, à 1,8%.

Selon le rapport, d'autres sources d'incertitude pèsent sur l'économie mondiale, notamment en Europe où la Grande-Bretagne doit bientôt lancer les discussions sur les modalités du Brexit. La Banque sabre la prévision de croissance britannique de 0,9 point, à 1,2% cette année.

Plus généralement, estime le rapport, le Vieux Continent est menacé par une tentation "populiste" qui pourrait s'exprimer en Europe en 2017 lors des élections en France comme en Allemagne, alors que la zone euro semble consolider sa reprise (1,5% prévu cette année).

Chine indemne

Face à ce cocktail d'incertitudes dans les pays riches, les économies émergentes et en développement sont condamnées à l'expectative, selon le rapport, qui souligne l'impact négatif d'un commerce mondial et d'investissements "en berne".

Globalement, la croissance économique de ces pays en 2017 devrait être moins forte qu'espéré en juin dernier (-0,1 point, à 4,2%), avec toutefois de fortes disparités selon les régions.

Deuxième puissance économique mondiale, la Chine devrait ainsi s'en sortir indemne avec une prévision de croissance inchangée à 6,5%, tandis que l'Afrique sub-saharienne devrait, elle, souffrir avec une prévision réduite de 1 point, à 2,9%.

Deux grands pays émergents, le Brésil et la Russie, devraient pour leur part renouer avec la croissance en 2017, après deux années consécutives de récession.

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ATS