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Présenté à la presse étrangère quelques semaines après son arrestation, Otto Warmbier avait déclaré, en pleurs, avoir fait "la pire erreur de (sa) vie" (archives).

KEYSTONE/AP KCNA via KNS

(sda-ats)

L'étudiant américain Otto Warmbier, rapatrié le 13 juin dans le coma après 18 mois de détention en Corée du Nord, est décédé lundi. Donald Trump a dénoncé un régime nord-coréen "brutal", dont les relations avec les Etats-Unis sont déjà extrêmement tendues.

"Beaucoup de choses terribles se sont passées. Mais au moins nous l'avons ramené chez lui pour qu'il soit avec ses parents", a déclaré le président américain peu après l'annonce, par la famille, de la mort du jeune homme de 22 ans.

Dans un communiqué, il a souligné sa détermination "à empêcher que des innocents ne subissent de telles tragédies aux mains de régimes qui ne respectent pas l'Etat de droit ou la décence la plus élémentaire".

Le secrétaire d'Etat Rex Tillerson a lui estimé dans un communiqué que la Corée du Nord était responsable de sa "détention" et a réclamé la libération des trois Américains encore derrière les barreaux du régime communiste.

Affaire malheureuse

La Chine a pour sa part déploré mardi la mort d'Otto Warmbier, appelant Washington et Pyongyang au dialogue pour résoudre leurs différends.

"Je crois qu'il s'agit d'une affaire malheureuse", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang. "Nous espérons que la Corée du Nord et les Etats-Unis la traiteront de manière appropriée".

M. Tillerson et le chef du Pentagone Jim Mattis doivent recevoir mercredi deux des responsables chinois les plus importants afin d'approfondir le dialogue entre les deux premières puissances mondiales et tester la volonté chinoise sur le dossier nord-coréen.

En paix

"Entouré par sa famille qui l'aime, Otto est décédé aujourd'hui à 14h20" (20h20 en Suisse), a écrit la famille d'Otto Warmbier.

Quand le jeune homme est revenu chez lui, à Cincinnati, dans l'Ohio (nord), il présentait de graves lésions cérébrales, selon ses médecins. "Il était incapable de parler, incapable de voir et incapable de réagir à des commandes verbales. Il semblait très mal à l'aise, presque angoissé", a rappelé sa famille lundi.

Mais "bien que nous ne n'allions plus jamais entendre sa voix, en une journée la contenance de son visage avait changé - il était en paix. Il était chez lui et nous pensons qu'il pouvait le sentir", ont ajouté ses parents Fred et Cindy.

"Mauvais traitements"

Sa famille a dénoncé à nouveau "les mauvais traitements, atroces et barbares" que leur fils a subis selon eux en Corée du Nord, où il avait été arrêté en janvier 2016 pour avoir tenté de voler une affiche de propagande.

Son compagnon de voyage Danny Gratton est le seul Occidental à l'avoir vu être arrêté. "Otto n'a pas opposé de résistance. Il ne semblait pas avoir peur", a-t-il confié au Washington Post lundi.

Présenté à la presse étrangère quelques semaines après son arrestation, Otto Warmbier avait déclaré, en pleurs, avoir fait "la pire erreur de (sa) vie".

Procès rapide

Après l'annonce de son décès, l'agence de voyages Young Pioneer Tours, par laquelle Otto Warmbier s'était rendu à Pyongyang, a annoncé sur Facebook qu'elle renonçait à emmener des Américains en Corée du Nord. "Le risque pour les Américains visitant la Corée du Nord est trop élevé", a déclaré l'agence.

Venu en Corée du Nord dans le cadre d'un voyage organisé pour le Nouvel An, le jeune Américain avait été jugé en moins d'une heure et condamné à 15 ans de travaux forcés en mars 2016.

Peu après son procès, il avait plongé dans un coma dont les causes restent inconnues, selon ses médecins. Le type de lésions neurologiques dont il souffrait résulte d'ordinaire d'un arrêt cardio-respiratoire.

La mort d'Otto Warmbier survient dans un contexte de tensions exacerbées entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sur le programme d'armement nucléaire que Pyongyang continue de développer.

ATS

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