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Publicitas faisait face à de grosses difficultés financières. La société était en sursis concordataire depuis la semaine dernière (archives).

Keystone/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

Clap de fin pour Publicitas. L'agence publicitaire dépose son bilan. La société, qui traversait de grosses difficultés financières, était en sursis concordataire depuis la semaine dernière.

Le bilan a été déposé auprès du Tribunal de district de Bülach (ZH). L'administrateur de faillite, Urs Boller, a confirmé vendredi à l'ats des informations publiées sur le site Klein Report. Le plan de redressement pour sauver l'entreprise n'a donc pas convaincu les éditeurs et il n'y aura pas de sortie de crise.

Ces derniers avaient jusqu'au 14 mai pour se prononcer sur la stratégie qui leur avait été soumise par Publicitas, un délai qui avait déjà été prolongé de quelques jours mercredi. Sans en attendre la fin, Publicitas a annoncé sa faillite vendredi. Au total, 120 à 150 collaborateurs sont concernés, d'après Klein Report.

Dans son plan de redressement, le groupe proposait aux éditeurs un modèle de commissions permettant de réduire leurs risques, ainsi qu'une participation dans l'actionnariat à hauteur de 50%. Cela aurait offert une transparence complète sur les chiffres-clés de la société, selon Publicitas.

Des querelles juridiques

L'agence publicitaire n'a pas eu besoin d'attendre lundi pour noter que trop peu d'éditeurs ont mordu à l'hameçon. Les employés de Publicitas ont reçu jeudi déjà, jour de l'Ascension, une invitation pour une conférence sur Skype agendée à vendredi matin. La direction de Publicitas n'était pas joignable pour des commentaires.

Plusieurs grandes maisons d'édition ont annoncé ces derniers temps qu'elles rompaient toute collaboration avec Publicitas. Tamedia, Ringier et Ringier Axel Springer Suisse, Admeira, le groupe NZZ, AZ Medien et le groupe Romandie Combi, représentant Le Nouvelliste, La Liberté, Le Quotidien Jurassien, ArcInfo et le Journal du Jura lui reprochaient des manquements dans ses obligations financières.

Place désormais aux querelles juridiques pour savoir ce qu'il adviendra des restes de l'agence. Ringier a déjà déposé plainte. Le groupe s'oppose à un accord de cession entre Publicitas et la société financière Thalos sise au Luxembourg, a indiqué à l'ats le chef de la communication de Ringier René Beutner, confirmant une information parue sur le site de la Handelszeitung.

Deux accords de cession

Publicitas et la firme luxembourgeoise ont signé cet accord de cession en février afin de garantir un crédit de restructuration de 15 millions de francs. En cas de faillite comme aujourd'hui, Thalos est ainsi avantagé par rapport aux autres créanciers de Publicitas.

L'éditeur Tamedia a lui aussi signé un accord de cession avec l'agence publicitaire. Ce dernier existe depuis 2016, quand le flux de paiements a commencé à se tarir, selon Christoph Zimmer, porte-parole de Tamedia. Ringier n'a pas indiqué s'il souhaitait également combattre ce contrat, mais selon M. Zimmer, il n'est que très peu comparable au texte paraphé avec Thalos.

Publicitas était dans une situation critique depuis des mois. Elle souffrait ces dernières années, comme les éditeurs, de la chute des recettes des journaux. Elle est tombée plusieurs fois dans les chiffres rouges, s'est retirée de marchés à l'étranger, s'est réduite comme peau de chagrin et a tenté de se restructurer.

Une nouvelle société

Suite à l'obtention par Publicitas d'un sursis concordataire provisoire, AZ Medien, Corriere del Ticino, NZZ, Tamedia et Médias Suisses avaient dit vouloir créer une nouvelle société. Cette entité proposerait ses services en matière de déroulement de campagnes d'annonces. Elle aurait pour vocation de soutenir éditeurs et clients publicitaires, mais n'agirait pas dans la vente d'annonces.

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ATS