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Médecins sans frontières a lancé l’initiative #NotATarget en 2016, un an après qu'un de ses hôpitaux en Afghanistan a été bombardé par les Américains. Toujours actif, le projet bénéficie d'un site internet dédié: notatarget.msf.org (archives).

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

Colette Gadenne travaille depuis des années dans des zones de guerre. Mais la peur est toujours la même quand des miliciens en armes font irruption dans l'hôpital où elle exerce pour Médecins sans frontières (MSF).

Cette peur, elle l'a connue trois fois en trois semaines, fin mai et début juin, en République centrafricaine, où elle dirige la mission de MSF. Dans l'un de ces cas, les miliciens ont tiré 21 coups de feu avant de tourner les talons.

La République centrafricaine se trouve dans une situation particulièrement grave, mais les travailleurs humanitaires du monde entier font face à une recrudescence des meurtres, des enlèvements et des violences en tous genres commises au mépris du droit international censé les protéger.

Ce phénomène a contraint les ONG à s'adapter. Leurs membres doivent s'habituer au danger omniprésent et cultiver des compétences telles que la négociation avec les groupes armés.

Hausse de 23%

"C'est effrayant. Même si vous avez de l'expérience, même si vous savez que vous avez un bon réseau, cela reste effrayant", raconte Colette Gadenne, jointe par téléphone à Bangui à l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire.

Près de 140 travailleurs humanitaires ont été tués l’année dernière dans le monde. Cela représente une augmentation de 23% par rapport à 2016, selon les données publiées cette semaine par le centre de recherches indépendant Humanitarian Outcomes.

Pour la troisième année consécutive, c'est au Soudan du Sud que le bilan a été le plus lourd. La République centrafricaine, où les violences à l'encontre des ONG ont été multipliées par trois, est passée au quatrième rang, derrière la Syrie et l’Afghanistan.

Action réduite

Les risques qu'ils encourent limitent le rayon d'action et la marge de manoeuvre des travailleurs humanitaires, souligne quant à elle Sofie Garde Thomle, chef du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en Afrique occidentale et centrale.

"Plus important encore, le manque d'accès signifie que nous sauvons beaucoup moins de vies. Il y a 10 ou 20 ans, c'était complètement différent", se souvient-elle, dénonçant la multiplication des atteintes au droit humanitaire et des violations des lois de la guerre.

"Nous discutons beaucoup avec les groupes armés (...), mais cela n'a pas fonctionné", déplore quant à elle Colette Gadenne, évoquant les 40 attaques essuyées l'an dernier par le personnel de MSF en Centrafrique.

Réveil de traumatismes

Justin Byworth, directeur humanitaire de l'organisation World Vision, se trouvait au Soudan du Sud en mai lorsque neuf de ses collègues ont été enlevés et détenus pendant cinq jours, jusqu'à ce que l'OCHA obtienne leur libération. "J'étais très conscient de ce qu'ils vivaient. On échafaude très vite des plans", dit-il.

Ces dernières années, l'ONG a investi davantage dans la sécurité et la santé de son personnel, auquel elle fournit notamment un soutien psychologique sur place. Parfois, ce personnel est lui-même originaire de zones de conflit ou y a exercé à plusieurs reprises et chaque nouvel incident peut réveiller de vieux traumatismes, explique Justin Byworth.

Dans de nombreux cas, poursuit-il, les travailleurs humanitaires ne sont pas spécifiquement visés, mais sont les victimes collatérales des violences commises de plus en plus fréquemment contre des civils. "En fin de compte, les risques sont minimes comparés à ceux auxquels la population est confrontée chaque jour. Pas étonnant que nous en fassions parfois les frais."

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ATS