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Berlin à l'unisson des principaux pays occidentaux sur la question du mariage gay (photo symbolique)

KEYSTONE/EPA/CARSTEN KOALL

(sda-ats)

L'Allemagne a rejoint vendredi la majorité des pays occidentaux en légalisant le mariage gay. La chancelière Angela Merkel a voté contre, à l'instar de la majorité des députés de son parti, la CDU.

Le texte, qui établit désormais que "le mariage est conclu à vie par deux personnes de sexe différent ou de même sexe", a été approuvé par une majorité de 393 élus constituée des députés des trois partis de gauche représentés à la chambre basse du Parlement allemand (sociaux-démocrates, écologistes et gauche radicale), rejoints par une partie des députés de la famille conservatrice d'Angela Merkel.

Parmi les conservateurs, 226 des 310 députés se sont prononcés contre.

L'Allemagne va ainsi rejoindre les 20 pays occidentaux, dont 13 en Europe, qui ont déjà légalisé le "mariage homo". Berlin avait adopté en 2001 une union civile offrant des droits équivalents au mariage, sauf pour certains avantages fiscaux et en matière d'adoption.

Merkel traditionnaliste

Angela Merkel a annoncé avoir voté personnellement contre la légalisation du mariage homosexuel. "Pour moi, le mariage est, au vu de notre Constitution, une union entre un homme et une femme, c'est la raison pour laquelle j'ai voté contre la proposition de loi", a expliqué vendredi matin la chancelière à la presse.

La nouvelle loi, qui doit encore être validée par la chambre haute du Parlement pour entrer en vigueur, sans doute d'ici fin 2017, va concrètement octroyer aux couples homosexuels le droit d'adoption.

Crise avant le 24 septembre

Paradoxalement, c'est la chancelière qui avait ouvert la voie en début de semaine au mariage pour tous, en se disant pour la première fois prête à autoriser ses députés à voter librement sur ce sujet à l'avenir. Mais elle planifiait un vote seulement après les prochaines élections législatives du 24 septembre en Allemagne, le temps de mener un débat au sein de son parti, divisé sur la question.

Elle a été en fin de compte prise de vitesse par son partenaire minoritaire au sein de la coalition gouvernementale, le parti social-démocrate (SPD). Ce dernier a imposé un vote quelques jours plus tard en s'alliant avec les deux autres partis de gauche à la chambre des députés, membres eux de l'opposition.

Cette décision du SPD, qui y a vu un moyen de se relancer dans la campagne électorale contre Angela Merkel alors que son candidat Martin Schulz est à la traîne dans les sondages, a provoqué une crise gouvernementale outre-Rhin.

Allemands largement favorables

"C'est vraiment une reconnaissance, donc c'est quelque chose qui fait chaud au coeur", a réagi dans la matinée à Berlin un quadragénaire homosexuel. Mais "je ne suis pas très content de la manière dont ça a été utilisé dans la campagne électorale", s'est agacé son compagnon, qui soupçonne Angela Merkel d'avoir agi à des fins politiques en levant son veto et non par conviction.

L'opinion allemande est largement favorable au mariage gay (près de 75% des Allemands sont pour, et plus de 73% des électeurs de Mme Merkel, selon un récent sondage), mais la volte-face de la chancelière en début de semaine a des raisons surtout politiques.

Option stratégique

Ses partenaires de coalition potentiels après les législatives, à gauche comme à droite, ont fait de l'autorisation un préalable à toute alliance. Et pour la chancelière, même si elle s'y oppose personnellement, une adoption à trois mois du scrutin lui permet de couper l'herbe sous le pied de ses rivaux sociaux-démocrates en les privant dans la dernière ligne droite d'un argument de campagne.

Il reste que le calendrier accéléré imposé par le SPD la place en position délicate vis-à-vis de l'aile la plus traditionaliste de sa famille politique, qui se sent brusquée.

Pour le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, la CDU, la formation de Mme Merkel, "semble vouloir jeter par dessus bord toutes les valeurs conservatrices afin de coller à l'époque" et n'a plus rien d'un "parti conservateur".

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ATS