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Un mariage a mis fin à 300 ans de brouille entre deux villages de l'est de la Chine (photo prétexte).

KEYSTONE/EPA/DIEGO AZUBEL

(sda-ats)

Un ruisseau d'à peine un mètre de large les sépare, mais depuis au moins trois siècles, une sourde rivalité opposait deux villages de l'est de la Chine. Une histoire d'amour a enfin réuni les anciens adversaires.

Wushan et Yuepu, 7500 habitants à eux deux dans la province du Fujian, observaient une étrange tradition: défense d'épouser un habitant originaire de l'autre côté de la rivière, explique vendredi le plus haut responsable de Wushan.

"Personne ne se souvient à quand remonte cette interdiction des mariages, on sait juste qu'on s'est battus il y a environ 300 ans pour le droit d'utiliser l'eau", raconte Wang Hongdong, secrétaire du Parti communiste chinois à Wushan.

L'affrontement a laissé une malédiction: un mariage avec un habitant de l'autre village ne pourra attirer que du malheur. Et la rivalité a continué à se transmettre de génération en génération.

Echapper au mauvais sort

"Les relations ont fini par s'apaiser, surtout depuis les 10 dernières années. Nous avons commencé à construire ensemble une usine de chaussures et les jeunes s'entendaient très bien", poursuit-il. Mais l'interdiction du mariage, inscrite dans la tradition, restait en place. Jusqu'à ce qu'une fille de Yuepu tombe amoureuse d'un garçon de Wushan, il y a environ trois ans.

"Les familles se sont opposées au mariage à cause de la malédiction", raconte M. Wang. "Les vieux y croyaient vraiment". Pour échapper au mauvais sort, les jeunes mariés doivent se résoudre à quitter le Fujian pour s'installer dans une autre province, à 1500 km de là.

En 2015, le jeune couple rentre aux villages pour célébrer enfin le mariage dans la maison du garçon, mais les parents de la mariée boudent la noce. Puis quand cette dernière a donné naissance à deux beaux garçons, les habitants des deux villages ont fini par ne plus croire à la malédiction, selon M. Wang.

Pour sceller la réconciliation et abolir officiellement l'interdiction des mariages, les deux villages ont organisé lundi une cérémonie en présence des autorités bouddhistes et communistes. Près de 500 personnes y ont assisté.

ATS

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