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Le prince héritier Mohammed ben Salmane a récemment mené une purge anticorruption au cours de laquelle plus de 200 princes ont été arrêtés (archives).

KEYSTONE/AP Presidency Press Service

(sda-ats)

Le ministre saoudien de la Justice a confirmé dimanche que onze princes avaient été arrêtés après avoir protesté contre des mesures d'austérité touchant leurs avantages. Ils vont être jugés pour avoir perturbé l'ordre public.

Un média lié au gouvernement, le site Sabq, avait annoncé samedi que ces princes avaient été arrêtés après s'être rassemblés près d'un palais historique de Ryad, le Qasr al-Hokm, en signe de protestation contre une décision du gouvernement de cesser de payer leurs factures d'eau et d'électricité.

Ces princes réclamaient aussi une compensation pour la condamnation à mort d'un de leurs cousins, déclaré coupable de meurtre et exécuté en 2016, a indiqué le ministre de la Justice, Saud al-Mojeb.

"Bien qu'ils aient été informés que leurs demandes n'étaient pas légales, les onze princes ont refusé de quitter l'endroit, perturbant la paix et l'ordre publics", a dit le ministre dans un communiqué publié par le ministère saoudien de l'Information. "Après leur arrestation, ils ont été inculpés d'un certain nombre de chefs d'accusation liés à leurs délits", ajoute le communiqué.

Les onze princes sont détenus dans la prison de haute sécurité de Al-Hayer, au sud de Ryad.

Purge anticorruption

L'Arabie saoudite a adopté au cours des deux dernières années une série de mesures d'austérité pour augmenter les recettes et réduire les dépenses, alors que la baisse mondiale des prix du pétrole a entraîné des déficits publics croissants.

L'effort du royaume pour diversifier son économie, très dépendante du pétrole, est lié à l'arrestation en novembre de plus de 200 princes au cours d'une purge anticorruption menée par le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane.

Prédicateur retenu

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a par ailleurs déploré dimanche qu'un important prédicateur saoudien, arrêté lors d'une récente vague de répression, est détenu depuis quatre mois sans inculpation ni contact avec le monde extérieur.

Il faisait partie de la vingtaine de personnes, dont des intellectuels, arrêtées en septembre pour, selon les autorités saoudiennes, leurs "activités de renseignement (...) au profit de parties étrangères contre la sécurité du royaume".

Pour sa famille, sa détention est liée à un tweet qu'il a écrit sur le Qatar, l'émirat gazier voisin mis au ban par Ryad et ses alliés au motif d'un rapprochement avec l'Iran et d'un soutien à des groupes extrémistes. Doha rejette ces accusations.

Ce prédicateur est depuis maintenu en isolement et n'a été ni inculpé ni même interrogé, affirme HRW.

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ATS