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Dick Marty, le dernier président de l'Assemblée interjurassienne (AIJ), s'est exprimé vendredi à Moutier, à l'occasion de la dissolution de l'AIJ.

KEYSTONE/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga et les représentants des Gouvernements jurassien et bernois ont enterré vendredi l'Assemblée interjurassienne. Ils considèrent que la Question jurassienne est réglée avec les votes de Moutier, de Belprahon et de Sorvilier.

Avec la signature de l'acte de dissolution de l'Accord du 25 mars 1994 instituant l'AIJ, c'est un chapitre de l'histoire suisse qui se referme. Créée alors que le climat politique était tendu malgré la création du canton du Jura, cette institution aura permis aux Jurassiens et Jurassiens bernois de renouer le dialogue.

Lors d'une cérémonie à Moutier, la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) Simonetta Sommaruga et les présidents des deux gouvernements, Nathalie Barthoulot pour le canton du Jura et Bernhard Pulver pour le canton de Berne, ont signé l'acte de dénonciation. L'AIJ disparaît après 23 ans d'existence.

"Sur le plan institutionnel, la Question jurassienne est désormais considérée comme réglée", a déclaré la conseillère fédérale devant de nombreux invités, dont l'ancien conseiller fédéral Arnold Koller qui avait signé l'Accord au nom du Conseil fédéral en 1994. René Felber, premier président de l'AIJ, était également présent.

Engagement de la Confédération

Pour tous les acteurs politiques, la dissolution de l'AIJ ne marque pas la fin du dialogue interjurassien ni celui de l'engagement de la Confédération. "Son rôle de médiation n'est pas encore achevé", a relevé Simonetta Sommaruga. Le vote de Moutier fait encore l'objet de recours et il faudra finaliser son transfert dans le Jura.

Dans l'histoire des institutions helvétiques, l'AIJ constitue un cas unique. Sorte de législatif de 24 membres sans véritable pouvoir décisionnel, l'AIJ a réussi à faire s'asseoir à une même table des frères ennemis pour discuter d'intérêts communs alors que la violence menaçait d'éclater à nouveau.

Sa force a été de dépassionner la Question jurassienne en passant d'une logique de la confrontation à une culture du dialogue en préconisant le vote populaire. "Sans l'AIJ, il n'y aurait certainement pas eu de votations en 2013 et 2017", a estimé. Simonetta Sommaruga.

"Votre institution disparaît, mais elle laisse une région apaisée", a relevé la conseillère fédérale. "Il subsiste peut-être aujourd'hui encore, de part et d'autre, des déceptions, des rancoeurs même. Mais cette région que vous aimez mérite mieux que d'être l'otage d'un conflit politique dépassé", a déclaré la cheffe du DFJP.

"Nous tirons notre révérence avec le sentiment du devoir accompli ", a déclaré le dernier président de l'AIJ, Dick Marty. Le Tessinois a relevé que cette institution n'avait jamais recherché l'action spectaculaire et retentissante. Dick Marty a aussi loué les institutions suisses qui ont permis de résoudre ce conflit.

Institution méconnue

Cette institution n'a pourtant jamais fait l'unanimité. Elle a été l'objet de critiques à la fois des milieux autonomistes et des mouvements antiséparatistes. Ses détracteurs l'ont accusée d'ingérence, de gaspiller l'argent public, d'être un instrument en faveur de la réunification ou encore d'être une coquille vide.

En dépit de son statut unique en Suisse, l'AIJ est restée méconnue du public. Paradoxalement, de nombreuses délégations étrangères, d'Europe, d'Asie ou du Moyen-Orient, sont venues en Suisse pour s'informer sur son fonctionnement. Son nom avait même été évoqué pour servir de modèle à la résolution de la crise catalane.

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ATS