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Le FBI a interrogé environ 175 témoins et continue à enquêter "sur toutes les pistes possibles. Nous n'excluons rien", a déclaré l'agent George Piro.

KEYSTONE/AP South Florida Sun-Sentinel/MIKE STOCKER

(sda-ats)

L'homme accusé d'avoir abattu cinq personnes vendredi à l'aéroport de Fort Lauderdale, en Floride, devait être inculpé samedi par la justice fédérale. Les autorités pensent qu'il a agi seul et n'excluent aucune piste quant à ses motivations.

Cet ancien soldat de la Garde nationale de 26 ans qui a été déployé dix mois en Irak, a été interrogé durant une bonne partie de la nuit de vendredi à samedi par les enquêteurs. Selon le FBI, aucune altercation ne semble avoir déclenché son geste.

"Il apparaît qu'il est venu ici pour mener cette attaque horrible", a souligné George Piro, l'agent spécial du FBI en charge du bureau de Miami.

Le FBI n'exclut aucune piste

"Nous avons interrogé environ 175 témoins, nous avons récupéré des enregistrements vidéo, des preuves sur place, et nous continuons à enquêter sur toutes les pistes possibles. Nous n'excluons rien", a-t-il ajouté. "Pour le moment nous continuons à examiner la piste terroriste comme motivation potentielle pour cette attaque".

A son arrivée en Floride, l'homme a récupéré le pistolet semi-automatique 9 mm qu'il avait enregistré en soute, comme le permet la réglementation américaine. Il l'a chargé et a fait feu sur des passagers qui attendaient leurs valises. Cinq personnes ont été tuées et six autres blessées, dont trois restaient samedi dans un état grave.

Selon le shérif local, il s'est écoulé entre 70 et 80 secondes entre le premier tir et l'arrivée des policiers. Le tireur se serait rendu sans chercher à fuir, et les policiers n'ont pas eu à faire usage de leurs armes. Le jeune homme a été placé en détention à l'issue de son interrogatoire et fera l'objet de poursuites fédérales. Il devait être inculpé samedi après-midi.

Problèmes psychiatriques

Le suspect a servi dans la Garde nationale de Porto Rico et de l'Alaska de 2007 à 2016. Il a notamment été déployé en Irak de 2010 à 2011, a annoncé le Pentagone. Il a été décoré de plusieurs médailles avant d'être déchargé de ses fonctions en août et affecté à la réserve inactive.

A son retour d'Irak, c'était "une personne différente", a dit une de ses tantes à la chaîne MSNBC. Il y a deux mois, il s'était rendu dans un bureau du FBI à Anchorage, en Alaska. Son comportement "incohérent" avait alors alarmé les agents qui le recevaient, au point qu'ils ont à l'époque contacté la police afin qu'il soit "examiné" dans un établissement psychiatrique, selon George Piro.

Forcé de regarder des vidéos de l'EI

Selon un responsable fédéral contacté par Reuters, l'ex-militaire avait dit au FBI que son esprit était surveillé par une agence américaine de renseignement, qui l'obligeait, disait-il, à regarder des vidéos de l'organisation Etat islamique (EI). Les agents du FBI ont ouvert une enquête et conclu qu'il n'avait aucun lien avec des organisations terroristes, précise ce responsable.

Son nom n'a en tout cas pas été ajouté à la liste des personnes interdites de vol, selon les enquêteurs. "S'ils ont une maladie mentale, ou s'ils sont sur une liste d'interdiction de vol, ou s'ils sont des criminels condamnés, ils ne devraient pas avoir le droit de posséder des pistolets ou des fusils", a dit le shérif du comté de Broward, Scott Israel.

Le policier a admis que les forces de l'ordre ne pouvaient guère que limiter le nombre de morts en intervenant rapidement quand un individu déterminé commence à tirer dans une foule.

Débat sur les armes à feu

Des élus démocrates ont en revanche posé la question d'un éventuel renforcement de la législation sur les armes, éternel sujet de débat partisan aux Etats-Unis.

"Nous devons nous poser la question du droit des gens de voyager avec des armes, même dans les bagages enregistrés, mais nous devons aussi réexaminer les questions de sécurité dans les zones de récupération de bagages", a ainsi dit la parlementaire de Floride Debbie Wasserman Schultz.

"Notre pays est bourré d'armes", a de son côté déploré le sénateur Chris Murphy, "mais le Congrès continue de ne rien faire".

ATS

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