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L'Australie a annoncé mardi un nouvel objectif de baisse des émissions de gaz à effet de serre dans la perspective de la conférence COP21 sur le climat à Paris à la fin de l'année. La réduction visée est de 26-28% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005.

Cet objectif se situe "plutôt dans la moyenne" de ceux établis par des pays au niveau économique comparable. Les groupes de défense de l'environnement et l'opposition le jugent toutefois trop modeste. Le chiffre annoncé mardi par le Premier ministre Tony Abbott est en outre bien inférieur aux recommandations de l'Autorité australienne sur le changement climatique.

Cet organe d'experts indépendants a recommandé en juillet une réduction des émissions de GES par l'Australie de 40 à 60% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 2000 si le pays veut contribuer à l'objectif mondial d'une baisse de 2 degrés Celsius de la température moyenne mondiale par rapport à l'ère pré-industrielle.

L'objectif de réduction affiché par le pays-continent est actuellement de 5% d'ici 2020 par rapport aux niveaux de 2000.

"Nous devons être responsables sur le plan environnemental, mais nous devons l'être aussi sur le plan économique", a expliqué le chef du gouvernement. "Nous devons réduire nos émissions d'une manière qui soit compatible avec la poursuite de la croissance."

"Objectif défaitiste"

L'Australie est le premier exportateur mondial de charbon et minerai de fer et l'un des plus gros émetteurs de carbone par habitant, une grande partie de l'électricité du pays étant produite par des centrales à charbon.

Tony Abbott est lui-même un ardent défenseur de l'industrie houillère. Il a supprimé l'an dernier une taxe sur le carbone et un plan visant à mettre en place un marché de crédits carbone.

Ses adversaires déplorent la modestie de l'objectif annoncé mardi, d'autant plus qu'ils accusent Tony Abbott d'avoir truqué la donne en changeant l'année de référence, 2005 ayant marqué un pic d'émissions dans le monde.

"C'est un objectif défaitiste qui ne démontre aucune foi dans la capacité des Australiens à s'adapter, à innover et à effectuer une transition vers une économie propre", a déclaré l'Australian Conservation Foundation (ACF) dans un communiqué.

Abbott accusé d'"archaïsme"

Un sondage réalisé la semaine dernière par le groupe d'études Climate Institute a montré que 63% des Australiens voulaient davantage d'actes sur cette question, soit une hausse de six points de pourcentage par rapport à 2014. L'opposition travailliste s'est engagée le mois dernier à réinstaller un marché des crédits carbone et à augmenter la part du renouvelable à 50% d'ici 2030.

Autre formation de l'opposition, le Parti Vert ne s'est pas privé de moquer l'"archaïsme" du Premier ministre. "Tony Abbott est bloqué dans les schémas économiques du XIXe siècle, dépossédant ce pays de son potentiel", a déclaré Larrisa Water, sénatrice du parti écologiste, dans un communiqué.

ATS