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L'Autriche a interdit une visite du ministre turc de l'Economie Nihat Zeybekci, ici de passage à Cologne en mars (archives).

KEYSTONE/EPA/FRIEDEMANN VOGEL

(sda-ats)

L'Autriche a interdit une visite du ministre turc de l'Economie Nihat Zeybekci, a annoncé lundi le ministère autrichien des Affaires étrangères. Le ministre entendait participer à un rassemblement marquant le premier anniversaire du coup d'Etat manqué en Turquie,

"Il a été interdit d'entrée, car sa visite ne fait pas partie d'un échange bilatéral, mais il s'agit d'une apparition publique lors d'une événement marquant la tentative de coup d'Etat" du 15 juillet 2016. Elle aurait représenté "un danger pour l'ordre public", a déclaré Thomas Schnoell, porte-parole du ministère.

Les relations entre la Turquie et les pays de l'Union européenne se sont tendues en raison notamment des purges menées par le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan après cette tentative de putsch.

Plusieurs autres pays, dont l'Allemagne et l'Autriche, avaient interdit des rassemblements pro-Erdogan avant un referendum en avril qui a permis au président turc de renforcer ses pouvoirs.

ONG inquiètes

Environ 360'000 personnes d'origine turque vivent en Autriche, dont 117'000 de nationalité turque. Parmi eux, nombreux sont ceux qui soutiennent M. Erdogan et ont voté pour lui lors de ce referendum.

Vendredi, le gouvernement néerlandais a affirmé qu'une visite du vice-Premier ministre turc, Tugrul Türkes, qui comptait se rendre aux Pays-Bas mardi pour assister à une commémoration du coup d'Etat manqué, n'était "pas souhaitable".

Aucune visite de membres du gouvernement turc n'est prévue en Suisse dans le cadre de l'anniversaire du coup d'Etat manqué, selon le Département fédéral des affaires étrangères contacté par l'ats.

Depuis le putsch manqué, environ 50'000 personnes ont été arrêtées et plus de 100'000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.

Ces mesures ont suscité l'inquiétude d'ONG et de pays européens qui dénoncent une répression tous azimuts visant notamment les milieux prokurdes et des médias critiques.

ATS