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La maison du dictateur et lieu de pèlerinage pour les néonazis (archives)

KEYSTONE/AP/KERSTIN JOENSSON

(sda-ats)

L'Etat autrichien peut rester propriétaire de la maison natale d'Hitler dont il avait pris possession fin 2016 pour en contrôler l'usage, a décidé vendredi la Cour constitutionnelle. Cette décision va à l'encontre de la volonté de l'héritière de cette bâtisse.

Le parlement avait adopté en décembre dernier une loi d'expropriation de cette maison du 17e siècle située dans le centre de la commune de Braunau-am-Inn, à la frontière allemande, ouvrant la voie à une profonde modification architecturale du bâtiment afin que celui-ci ne soit plus un lieu de pèlerinage néonazi.

La loi était destinée à mettre fin à un long différend entre l'Etat autrichien et la propriétaire du bâtiment, Gerlinde Pommer.

Si cette dernière observe depuis plusieurs années un silence absolu sur cet épineux dossier, évitant tout apparition publique, elle avait néanmoins contesté devant la plus haute juridiction autrichienne la vente forcée qu'elle considérait comme illégale.

Mais la Cour constitutionnelle a donné raison vendredi à l'Etat autrichien estimant que cette expropriation a été menée "dans l'intérêt général". "La maison présente le risque de devenir un site de pèlerinage au profit de l'idéologie néonazie. Il était donc nécessaire de s'assurer qu'aucune infraction ne puisse s'y dérouler", a étayé la Cour constitutionnelle dans son jugement.

La juridiction rappelle que cette vente forcée s'est accompagnée d'une indemnisation, dont le montant n'a pas été dévoilé.

Bientôt méconnaissable

Louée par l'Etat autrichien depuis 1972 afin d'en contrôler l'usage, l'imposante bâtisse jaune où le dictateur est né en 1889 a déjà hébergé par le passé un centre pour handicapés, une catégorie de la population qui avait été victime du régime nazi.

Depuis 2011 cependant, la propriétaire avait opposé son veto à tout usage du bâtiment pour lequel l'Etat s'acquittait d'un loyer mensuel de 4800 euros. Inoccupé, le bâtiment était devenu un lieu de rendez-vous de nostalgiques du IIIe Reich.

Souhaitée par le ministre de l'Intérieur autrichien Wolfgang Sobotka, mais combattue par une commission d'experts, l'idée d'une démolition de la maison a été remplacée par un projet de profond remaniement architectural afin de ne plus pouvoir identifier la bâtisse.

Une institution publique devrait à terme s'y installer pour un usage représentant "l'antithèse du nazisme", ont précisé les autorités.

ATS