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Le procès des leaders des Tigres tamouls en Suisse s'est poursuivi jeudi. A son ouverture le 9 janvier, des sympathisants avaient manifesté devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. (Archives)

KEYSTONE/TI-PRESS/ALESSANDRO CRINARI

(sda-ats)

Le procès des dirigeants des Tigres tamouls en Suisse s'est poursuivi jeudi devant le Tribunal pénal fédéral avec la plaidoirie vibrante de Me Jean-Pierre Garbade. L'avocat a dénoncé un procès politique.

Comparant les Tamouls aux Palestiniens et aux Rohingyas, Jean-Pierre Garbade a décrit la situation actuelle au Sri Lanka. "Les personnes déplacées ne peuvent pas revenir chez elles. Les villages ont été détruits et les terres confisquées. La diaspora n'a plus l'espoir de retrouver son pays."

L'avocat genevois s'est ému qu'après avoir tressé les louanges des Tigres tamouls, la Suisse mène ce procès contre leur branche helvétique (WTCC). Berne "rejoint le concert des hyènes de l'Union européenne", s'est écrié Jean-Pierre Garbade qui prononce à Bellinzone sa dernière plaidoirie.

Un procès politique

Pour le défenseur du secrétaire et caissier du WTCC, le Ministère public de la Confédération (MPC) fait de la politique. Pourquoi ce dernier a-t-il, en 2014 seulement, imputé aux Tigres des actes relevant du terrorisme? "Parce qu'on a pris conscience à Berne que l'article du Code pénal sur les organisations criminelles ne permettait pas de poursuivre de tels mouvements".

Jean-Pierre Garbade a évoqué le non-lieu rendu en 2000 par la justice zurichoise, qui mentionnait qu'une partie des dons servait à financer la résistance, armes comprises. A l'époque, les crimes retenus aujourd'hui contre les Tigres par le MPC - recrutement d'enfants-soldats, attentats - étaient connus. "Comme les autres prévenus, mon client pouvait estimer que les activités du WTCC étaient légales", a rappelé l'avocat.

La décision zurichoise n'était pas un cas isolé. Elle s'inscrivait dans l'attitude tolérante des autorités suisses à l'égard des Tigres (LTTE), selon Me Garbade. Ces dernières n'étaient préoccupées que par d'éventuels cas de contrainte. "Si les dons étaient volontaires, pas de problème!"

Le ténor du barreau genevois s'est ensuite longuement étendu sur les actes du LTTE et sur le droit à la sécession. Il a énuméré les conditions légitimant une lutte armée en vue d'une sécession, soit l'existence d'un peuple, les violations des droits de l'homme et l'épuisement des voies constitutionnelles.

"Le problème est que la Constitution sri lankaise ne reconnaît pas les Tamouls et considère le pays comme un Etat unitaire", a expliqué l'avocat. Pour conclure ce volet sur la légitimité de la lutte armée, le Genevois s'est fait lyrique, citant "Les Orientales" de Victor Hugo: "Je veux de la poudre et des balles."

Guillaume Tell, assassin politique

"Nous qui célébrons Guillaume Tell qui a tué Gessner l'oppresseur, pouvons-nous reprocher aux Tamouls d'avoir commis des assassinats politiques", a lancé Me Garbade. "Recruter un enfant de 14 ans et lui enseigner le maniement des armes, est-ce un crime de guerre?", a ajouté l'avocat. Qui a préféré se référer aux nombreux engagements des Tigres de cesser cette pratique: "Mon client ne pouvait pas savoir s'ils n'étaient pas respectés."

Comme ses confrères mercredi, Jean-Pierre Garbade a balayé les accusations d'escroquerie, faux et blanchiment contre le caissier du WTCC et s'est attaché à minimiser ses actes. "Dans un cas par exemple, il a rencontré un Tamoul qui voulait prendre un crédit de 10000 francs pour acheter une voiture et lui a proposé de relever un peu le montant, à 50000 francs, afin de verser 40000 francs au WTCC", a-t-il expliqué.

"Mon client était surtout un très bon réceptionniste au bureau du WTCC, qui accueillait les gens, répondait au téléphone, a expliqué l'avocat. Il n'était pas dans le secret des dieux. Il ne connaissait pas le stratagème des certificats de salaire maquillés."

Jean-Pierre Garbade a plaidé l'acquittement de son client, tant du chef de soutien à une organisation criminelle que ceux découlant des crédits fraululeux en faveur du WTTC. Il a requis aussi le remboursement des frais et pertes de gain à hauteur de quelque 5700 francs.

La semaine passée, la procureure fédérale avait requis une peine ferme de 5 ans contre le caissier du WTCC. Le procès se poursuit la semaine prochaine avec la fin des plaidoiries.

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ATS