Navigation

Sauter la navigation

Fonctionnalités principales

L'Espagnol Pedro Sanchez "brise la glace" avec Cuba

Pedro Sanchez a insisté sur le caractère "historique" de son voyage officiel.

KEYSTONE/EPA EFE/JUANJO MARTÍN

(sda-ats)

"Nous avons brisé la glace" avec Cuba, s'est réjoui vendredi le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Il s'exprimait au terme d'une visite historique destinée à normaliser les relations entre les deux pays, en dents de scie ces dernières décennies.

Le dirigeant socialiste a bouclé son déplacement de deux jours par une série de rencontres avec des entrepreneurs espagnols, au moment où l'île socialiste ouvre de plus en plus son économie pour relancer sa croissance.

"Beaucoup de temps a passé - trop, selon moi - depuis la dernière visite d'un chef de gouvernement espagnol à Cuba", a-t-il souligné en inaugurant un forum bilatéral avec 200 entreprises cubaines et espagnoles, dont le géant des télécommunications Telefonica et la compagnie aérienne Iberia.

Il en a profité pour annoncer la visite officielle du couple royal espagnol en novembre 2019, à l'occasion des 500 ans de La Havane.

Question de Gibraltar

Mais si Pedro Sanchez a insisté sur le caractère "historique" de son voyage officiel, le premier d'un dirigeant espagnol en 32 ans, celui-ci a été quelque peu éclipsé par la polémique autour de Gibraltar, ultime obstacle à un accord global sur le Brexit.

Madrid menace de bloquer cet accord s'il n'obtient pas un droit de veto sur les négociations futures concernant l'enclave britannique. "Les garanties ne sont pas encore suffisantes, donc l'Espagne maintient son veto à l'accord du Brexit", a déclaré le dirigeant socialiste lors d'une conférence de presse, et faute d'accord sur ce point, le sommet européen de dimanche n'aura "très probablement pas" lieu.

Important partenaire

L'Espagne est le troisième partenaire commercial de Cuba après la Chine et le Venezuela, avec des échanges de 1,3 milliard de dollars en 2017.

"Nous sommes le principal partenaire européen de l'île, avec une part de marché de 40%", a rappelé M. Sanchez, avant d'assurer que "le gouvernement espagnol va continuer à encourager les investissements à Cuba et chercher "une solution au problème des impayés" dont souffrent, comme d'autres, les entreprises espagnoles sur l'île.

Cuba, de son côté, a soif d'argent frais et adoptera en février prochain une nouvelle Constitution, plus ouverte aux investissements étrangers.

L'île souffre de la débâcle du Venezuela, son principal partenaire et fournisseur de pétrole, et vient de suspendre son programme d'envoi de milliers de médecins au Brésil, qui lui rapportait près de 400 millions de dollars par an, selon une source diplomatique.

Rencontre "cordiale"

Elle accueille donc les bras ouverts ce regain d'intérêt de Madrid : "Les relations entre Cuba et l'Espagne se renforcent", s'est félicité sur Twitter le président Miguel Diaz-Canel, qui a souligné avoir eu une "rencontre cordiale" avec Pedro Sanchez, jeudi au Palais de la Révolution.

Les deux hommes ont signé un protocole d'accord en vue d'établir des consultations bilatérales, ainsi qu'un accord de coopération culturelle.

Sous un soleil éclatant et une chaleur tropicale, Pedro Sanchez a parcouru vendredi les rues pavées du centre colonial de La Havane, accompagné par Miguel Diaz-Canel, et a symboliquement remis, pour un prêt de deux ans, le siège du héros de l'indépendance contre l'Espagne, Antonio Maceo, emporté comme trophée de guerre en 1896.

Taillé à partir d'un tronc de palmier royal - l'arbre national de Cuba -, ce fauteuil, jusque-là exposé sur l'île espagnole de Majorque, symbolise "les retrouvailles et le lien renouvelé entre pays frères par leur histoire commune", a souligné M. Sanchez.

Pont entre Cuba et l'UE

A Madrid, la porte-parole du gouvernement espagnol, Isabel Celaa, a souligné lors d'une conférence de presse que "l'Espagne sert de pont dans les relations entre Cuba et l'UE".

Cette dernière a signé un accord de dialogue politique et de coopération avec Cuba, entré en vigueur en novembre 2017. Les Européens occupent ainsi le vide laissé par les États-Unis depuis le coup d'arrêt imposé par Donald Trump au réchauffement historique entre les deux anciens ennemis de la Guerre froide, amorcé par son prédécesseur Barack Obama.

Sur l'épineuse question des "droits de l'homme, un accord a été noué avec le gouvernement cubain pour créer une commission bilatérale qui va se réunir" de façon régulière, a précisé la porte-parole. "Nous avons parlé de tout", a assuré aux journalistes Pedro Sanchez, critiqué pour avoir exclu de son programme toute rencontre avec la dissidence.

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.