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L'ex-patron du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, à son arrivée au tribunal.

KEYSTONE/AP

(sda-ats)

L'ex-patron du Fonds monétaire international (FMI) Rodrigo Rato s'est assis lundi pour la première fois sur le banc des accusés en Espagne en tant qu'ancien banquier. Il est présumé responsable d'un "système corrompu" de détournements de fonds.

"Voleur!" "Escroc!". A son arrivée au tribunal, l'ancien ministre espagnol de l'Economie a essuyé sans broncher les tombereaux d'insultes lancés par une quinzaine de manifestants, épargnants ou petits actionnaires, l'accusant de les avoir "ruinés" lors de la vaste "affaire Bankia".

Un cartable à la main, M. Rato, 67 ans, est entré sans rien dire dans l'annexe de l'Audience nationale située en banlieue de Madrid où le procès doit durer jusqu'en décembre.

Au premier jour du procès qui doit durer jusqu'en décembre, M. Rato, 67 ans, n'a pas eu l'occasion de dire un mot aux juges.

Il devrait être longuement interrogé pour la première fois vendredi.

Ancien pilier du Parti Populaire (PP, droite) de Mariano Rajoy, actuellement au pouvoir en Espagne, il fut le vice-président du gouvernement de José Maria Aznar de 1996 à 2004 avant de diriger le FMI jusqu'en 2007.

"Cartes visa au noir"

Sa carrière de banquier ne dura que de 2010 à 2012 mais aboutit au plus grand scandale bancaire de l'histoire du pays: l'entrée en bourse, désastreuse et présumée frauduleuse, de Bankia en 2011 puis sa nationalisation par l'Etat pour lui éviter la faillite. Le fiasco avait précipité un sauvetage européen du secteur bancaire espagnol de 41 milliards de prêts.

M. Rato comparaît pour l'un des volets de l'affaire: le dossier des "cartes visa au noir".

Il est jugé en même temps que 64 hauts dirigeants (bien 64, un des prévenus étant décédé) et membres des conseils d'administration de Caja Madrid puis de Bankia, conglomérat né en 2011 de la fusion de sept caisses d'épargne. Tous sont accusés d'avoir payé leurs dépenses personnelles avec des cartes bancaires "occultes", sans rien justifier ni déclarer au fisc.

Les frais acquittés allaient du simple plein d'essence au séjour en hôtel cinq étoiles, en passant par l'achat de sacs Vuitton... Et le procès concerne 12 millions d'euros détournés entre 2003 et 2012.

Système reproduit

Selon l'acte d'accusation, M. Rato a maintenu le "système corrompu" établi dès 1999 par l'ancien président de Caja Madrid, Miguel Blesa, puis l'a reproduit au sein de Bankia.

Lui-même avait dépensé en deux ans 99'000 euros qu'il a remboursés avant le procès. Le parquet anticorruption requiert 4 ans et demi de prison à son encontre et le remboursement de plus de 2,6 millions d'euros, correspondant aux sommes détournées sous sa présidence.

Parmi les autres prévenus figurent de nombreux membres du PP et quelques personnalités de syndicats et partis de gauche, dont un représentant du parti Izquierda Unida accusé d'avoir dépensé 456'500 euros.

M. Blesa encourt la plus lourde peine: six ans de prison requis par le parquet.

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ATS