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L'ancien président du Liberia Charles Taylor a été condamné mercredi à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye à 50 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Sierra Leone. Il est le premier ancien chef d'Etat africain a être condamné par une juridiction internationale.

Âgé de 64 ans, Charles Taylor, avait été déclaré coupable le 26 avril et purgera sa peine en Grande-Bretagne en vertu d'un accord avec le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Le tribunal ne prononce pas de peine de prison à vie, mais fixe un certain nombre d'années.

D'après la justice, l'ancien chef d'Etat a fourni des armes, vivres et médicaments, ainsi que du carburant et matériel aux rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) en Sierra Leone, lors de la guerre civile entre 1991 et 2002. Ce conflit a fait 50'000 morts et des milliers de mutilés dans ce pays frontalier du Liberia.

Portant un costume bleu et une cravate jaune, Charles Taylor est resté impassible à la lecture du verdict. Celle-ci a duré environ trois quarts d'heure. Il n'a toutefois pas été reconnu coupable d'avoir ordonné ou planifié les crimes commis à cette période.

La défense fera appel

Les juges ont en effet estimé que M. Taylor avait eu un rôle crucial dans l'exécution des crimes, sans pour autant avoir eu le contrôle "effectif" des rebelles qui les ont directement commis.

Président du Liberia de 1997 à 2003, Charles Taylor a été inculpé durant la dernière année de son mandat, par le TSSL. Il a été arrêté trois ans plus tard au Nigeria où il s'était réfugié, puis a été transféré en 2006 aux Pays-Bas. L'audience de mercredi a mis un terme à six années de procès, mais sa défense a dores et déjà annoncé qu'elle ferait appel.

Les victimes étaient rassemblées dans une salle du TSSL à Freetown, la capitale de la Sierra Leone, pour regarder le jugement retransmis en direct. Elles ont immédiatement salué la condamnation, accueillie dans le silence. Les ONG de défense des droits de l'homme se sont également réjouies de la peine prononcée à l'encontre de l'ancien président.

ATS