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L'Hebdo va mettre la clé sous le paillasson en raison d'une "situation économique déficitaire permanente".

Keystone/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

L'Hebdo paraîtra pour la dernière fois le 2 février. Cet arrêt entraîne une suppression de postes qui touche 37 collaborateurs et provoque une onde de choc à travers la Suisse romande.

C'est la fin d'une aventure de plus de 35 ans. L'Hebdo va mettre la clé sous le paillasson en raison d'une "situation économique déficitaire permanente". Le titre affiche un résultat négatif depuis 2002. Rien que sur ces quatre dernières années, il a perdu plus de la moitié de ses revenus publicitaires, explique Ringier, l'éditeur.

Cette mesure entraîne une suppression de postes dans la newsroom commune de L'Hebdo et du Temps, et dans les services commerciaux à Lausanne. Trente-sept collaborateurs sont touchés. Des licenciements seront inévitables, mais il sera examiné si une partie des suppressions d'emplois pourraient être réalisées par des retraites anticipées ou des mutations internes, indique un communiqué.

Des mesures d'accompagnement sont prévues, basées sur le plan social existant de Ringier. La procédure de consultation débute lundi. Les fonds dégagés par cet arrêt de parution seront affectés au quotidien Le Temps, autre titre romand de Ringier. Il est prévu de réaliser des investissements dans les nouvelles activités du journal, a annoncé l'éditeur. Dès le 18 février, un nouveau supplément paraîtra le samedi.

"Sous le choc"

Le rédacteur en chef Alain Jeannet est sous le choc. "Depuis l'été dernier, on avait imaginé un nouvel Hebdo, assez novateur. Selon l'éditeur, il n'était pas viable sur le plan économique. Je ne partage pas cet avis", a-t-il dit lundi à la RTS. Pour M. Jeannet, cette nouvelle formule "avait une perspective économique à long terme". Il regrette qu'"une voix de la Suisse romande disparaisse".

La fin de L'Hebdo est "un coup dur" pour toute l'équipe du magazine, mais aussi pour le journalisme et le débat en Suisse romande, a réagi de son côté Jacques Pilet. "C'est tout un moment de ma vie", a ajouté M. Pilet.

Pas que des mécontents

Impressum est "révolté" par l'annonce de la disparition de l'hebdomadaire. Le syndicat demande à l'éditeur de ne procéder à aucun licenciement jusqu'à ce que des alternatives soient examinées. Le syndicat enjoint l'éditeur à trouver d'autres solutions pour assurer le financement de L'Hebdo. Cet hebdomadaire constitue en effet une plateforme précieuse pour le journalisme d'investigation dans la région.

La fin de L'Hebdo ne fait cependant pas que des mécontents. L'ancien conseiller national UDC Yvan Perrin note par exemple que le Parti socialiste et le NOMES devront dorénavant payer leur propagande. Le secrétaire général de l'UDC Vaud, Kevin Grangier, relève de son côté: "L'Hebdo s'en va, place à la Weltwoche en français".

ATS

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