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La colonie de manchots papous d'Ardley Island - ici un spécimen photographié en 2005 -, dans l'Antarctique, a frisé l'extinction à trois reprises à cause d'éruptions volcaniques, selon cette étude (archives).

KEYSTONE/AP/BRIAN WITTE

(sda-ats)

L'analyse de fientes de manchots papous vieilles de 7000 ans a permis à des chercheurs de déterminer que des éruptions volcaniques avaient quasiment éradiqué à trois reprises une colonie dans l'Antarctique. Ces travaux sont publiés dans la revue Nature.

Beaucoup d'études ont lié la fluctuation des populations de manchots ces dernières décennies aux variations de température, au réchauffement climatique et à l'importance de la calotte glaciaire.

Une équipe internationale de scientifiques emmenée par le British Antarctic Survey (BAS), le programme britannique en Antarctique, a voulu étudier l'évolution à plus long terme de la population de manchots papous d'Ardley Island, près de la péninsule antarctique. Elle compte actuellement environ 5000 couples, selon un communiqué.

Ces chercheurs ont effectué des analyses chimiques de dépôts de guano et de cendres volcaniques au fond d'un lac de l'île, qui leur a perdu de remonter 7000 ans en arrière.

Surprise des chercheurs

Les conditions climatiques dans la zone ayant été globalement favorables depuis 7000 ans, les scientifiques ne s'attendaient pas à des changements radicaux dans la population de manchots. D'où leur surprise quand ils ont découvert que la colonie avait été quasiment éradiquée à au moins trois reprises en raison des retombées de cendres liées à l'éruption d'un volcan sur l'île de Deception Island, située à une centaine de kilomètres.

"Il a fallu, en moyenne, entre 400 et 800 ans pour que la colonie se reconstitue", a indiqué dans le communiqué Steve Roberts, du BAS. "Cette étude révèle l'impact grave des éruptions volcaniques", observe Claire Wadula, une autre scientifique.

"Une éruption peut enterrer les petits. Si les adultes peuvent fuir à la nage, les petits ne survivent pas dans les eaux gelées. Les lieux de nidification peuvent se trouver enterrés et rester inhabitables pendant des centaines d'années", a-t-elle ajouté.

"Les variations des populations de manchots sur la péninsule antarctique avaient été liées aux variations du climat et de la banquise, mais l'impact potentiellement dévastateur sur le long terme de l'activité volcanique n'avait pas été auparavant envisagé", a-t-elle souligné.

ATS

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