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Le savoir-faire horloger français est loin d'avoir disparu (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

L'horlogerie française mise sur le made in France pour renaître et conquérir des marchés. Disparue depuis les années 1970, la production de mouvements tricolores reprend outre-Doubs. Sans inquiéter pour l’instant l’hégémonie et le prestige du swiss made.

Quand l'ancien ministre Arnaud Montebourg a posé en marinière pour Le Parisien en 2012, peut-être a-t-il provoqué un déclic malgré lui. La montre Michel Herbelin qu'il arborait fièrement à son poignet avait un mouvement swiss made dans le boîtier... Cette image très médiatisée a révélé au grand public une réalité: le mouvement français a pratiquement disparu depuis la crise des années 70.

Un premier échec

"Avec l'arrivée du quartz japonais, les manufactures françaises qui avaient un outil de production basé sur la montre mécanique (...) se sont retrouvées perturbées ", explique à l'ats Didier Bévillon, président de la Fédération de l'horlogerie. Une véritable hécatombe.

Et un traumatisme qui a marqué l'industrie pendant près de 40 ans: la mise en liquidation de Lip en 1977. Depuis, les marques françaises ont eu recours au swiss made pour monter en gamme.

La première tentative pour renouer avec le passé de l'horlogerie française n'a pas vraiment été couronnée de succès. La marque Pequignet a lancé en 2010 son calibre Royal.

Un mouvement coûteux qui a fragilisé la société de Morteau (Doubs), à deux pas des Montagnes neuchâteloises, mise en liquidation en début d'année. Des anciens salariés viennent de reprendre la marque.

De nouveaux projets

Un échec qui n'a pas empêché d'autres projets de voir le jour pour surfer sur la récente vague du made in France. A l'image de la marque Lornet, lancée à l'automne à Besançon (Doubs). "Il y avait beaucoup d'attente pour un calibre développé, fabriqué et assemblé en France", affirme Benoît Monnin, responsable commercial de la nouvelle marque.

Sa production reste limitée pour l'instant avec 300 pièces annuelles. "Le made in France a le vent en poupe. Les clients exigent de plus en plus de connaître l'origine de leur montre ", explique Benoît Monnin.

Au point qu'une nouvelle manufacture va voir le jour ce printemps en Franche-Comté pour produire des mouvements made in France. A l'origine de ce projet: Mustapha Lamrabet, qui dirige l'entreprise NovoWatch au Locle (NE).

"Il y a plus qu'un intérêt pour le made in France: c'est un manque", indique Mustapha Lamrabet. "Beaucoup de marques françaises achètent des mouvements japonais ou suisses parce qu'ils n'ont pas d'autres choix."

Selon lui, "il y a un réel besoin d'avoir un produit français, un produit authentique". Sa manufacture tricolore sera inaugurée le 20 avril. Elle devrait atteindre les 15'000 pièces annuelles dès 2018. L'objectif de Mustapha Lamrabet est d'atteindre rapidement les 40'000.

Un savoir-faire

Mustapha Lamrabet et Benoît Monnin partent du même constat: le savoir-faire horloger n'a pas disparu en Franche-Comté avec la fermeture des manufactures dans les années 1970.

Des usines fabriquent des composants pour l'industrie suisse. Des horlogers traversent tous les jours la frontière pour rejoindre les ateliers helvétiques.

"Le savoir-faire est dans la tête et dans les mains. Ce ne sont pas seulement les machines", souligne Mustapha Lamrabet. "La main-d'oeuvre franc-comtoise est reconnue internationalement dans l'horlogerie. Elle maîtrise le produit, l'évolution de la technologie, la recherche", relève Didier Bévillon.

Le made in France ne concurrence pas pour autant le swiss made. "Nous ne partons pas en croisade contre le swiss made. Nous ne marchons sur les plates-bandes de personne: il y a tout simplement une place à prendre sur le marché ", affirme Benoît Monnin.

Selon Didier Bévillon, la démarche vise surtout le marché français. "Le label made in France va surtout jouer pour une clientèle hexagonale ", estime-t-il.

"A l'exportation, ça me paraît très difficile. Le swiss made sur le plan international, voire même pour une importante clientèle française, est un label qui reste primordial dans la motivation d'achat", constate Didier Bévillon.

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ATS