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L'industrie des machines contre l'initiative anti-immigration

Pour 78% des entreprises de l’industrie MEM, les accords bilatéraux sont importants sinon indispensables, selon Hans Hess, président de Swissmem (archives).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Les partenaires sociaux de l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) s'opposent à l'initiative de l'UDC qui vise à résilier la libre circulation des personnes avec l'UE. Ils craignent un énorme préjudice au marché du travail.

Ce texte, lancé par l'UDC et l'Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), "est une attaque frontale contre la place industrielle suisse", écrivent mercredi Employés Suisse, Unia, Syna, la Société suisse des employés de commerce, l'Association suisse des cadres et Swissmem/ASM, dans un communiqué commun.

L'Union européenne (UE) est de loin le principal débouché de la branche MEM, qui emploie plus de 320'000 personnes en Suisse. Elle exporte en effet près de 80% de sa production, et 60% de ses exportations sont destinées à l'UE. Les accords bilatéraux offrent aux entreprises un accès direct au marché intérieur européen, soulignent les partenaires sociaux.

Enormes dégâts redoutés

Les dégâts pour l'industrie MEM seraient énormes, avertissent les organisations de la branche. Aujourd’hui déjà, le marché du travail est asséché dans plusieurs importants segments de ce secteur et la situation va encore s’aggraver ces prochaines années pour des raisons démographiques.

Il ne sera donc que partiellement possible de combler la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée en exploitant le potentiel local. Par conséquent, les entreprises sont tributaires de leur accès au marché du travail européen. Et les conditions de travail de la main-d’oeuvre suisse sont protégées par les mesures d’accompagnement, rappellent les partenaires sociaux.

"Les accords bilatéraux sont un gage de succès pour l’économie suisse", dit le conseiller national Thomas Weibel (PVL/ZH), président de l'Association suisse des cadres, devant les médias à Berne, selon dans le communiqué. "Notre compétitivité et notre bien-être reposent sur la libre circulation des personnes".

Selon Hans Hess, président de Swissmem, 78% des entreprises de l’industrie MEM font valoir que pour elles, les accords bilatéraux sont importants sinon indispensables.

Echanges nécessaires

Nos institutions de recherche et de formation ont aussi besoin d’échanges internationaux, ajoutent les partenaires sociaux de la branche. Seule la libre circulation des personnes permet de continuer à proposer "d’excellentes formations de base et continues sur sol suisse".

Les partenaires sociaux s’engagent pour le maintien des accords bilatéraux et pour de bonnes relations à long terme avec l’UE. Ils combattront donc résolument l’initiative aussi appelée "de résiliation".

L'UDC et l'ASIN ont débuté la récolte des signatures à la mi-janvier. Elles ont jusqu'au 18 juillet 2019 pour récolter les 100'000 paraphes nécessaires.

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