L'OMS en veut un peu plus de Pékin après les critiques américaines

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) dirigée par Tedros Adhanom Ghebreyesus souhaite être associée aux investigations chinoises et affirme toujours discuter avec les Etats-Unis (archives). KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI sda-ats
Ce contenu a été publié le 01 mai 2020 - 19:22
(ATS)

L'OMS, accusée par Washington de complaisance pour Pékin, demande à la Chine de l'associer aux investigations sur l'origine animale du coronavirus. Les quinze experts du Comité d'urgence ont eux demandé de la soutenir mais attendent d'elle qu'elle en sache davantage.

Après les critiques américaines contre Pékin et contre elle-même, l'Organisation mondiale de la santé a semblé tenter vendredi un geste d'ouverture vers les Etats-Unis. Jeudi encore, le président américain Donald Trump a dit avoir des preuves que le virus était parti d'un laboratoire de Wuhan et il avait menacé de nouvelles taxes douanières en représailles.

Un porte-parole de l'OMS a dit à l'AFP que l'institution n'a pas été invitée à se joindre aux investigations chinoises actuelles pour établir clairement quelle est l'origine animale du virus. Et d'affirmer que l'organisation souhaite être associée. "Nous offrons notre soutien aux autorités qui mènent de telles recherches", a renchéri à la presse le chef du programme d'urgence au sein de l'organisation Michael Ryan.

Les experts indépendants du Comité d'urgence ont eux aussi demandé à l'organisation de collaborer avec d'autres institutions pour en savoir davantage. Mais face aux critiques américaines et celles du président brésilien Jair Bolsonaro, leur président Didier Houssin a appelé les Etats à soutenir l'institution. "Un énorme volume de travail a été fait par l'OMS" et les gouvernements, a-t-il affirmé vendredi à la presse. "Mais les défis restent aussi énormes".

Des sources ont récemment indiqué que le président américain, qui a suspendu pour deux mois la contribution de son pays à l'OMS, a demandé à trouver des preuves sur ce que savaient la Chine et l'organisation. Et que des tentatives d'apaisement avec l'ambassadeur américain auprès de l'ONU à Genève n'avaient pas fonctionné.

Interrogé sur un boycott des pays qui le critiquent, le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus s'est contenté de répondre que "nous sommes en contact fréquent et nous travaillons ensemble". De leur côté, réunis jeudi trois mois après avoir recommandé à M. Tedros de déclarer l'urgence de santé de portée internationale, les experts indépendants du Comité d'urgence ont considéré que cette situation restait inchangée. "Evidemment", a affirmé M. Tedros.

Nouveau partenariat pour l'Afrique

Face aux critiques d'avoir tardé à recommander ce statut en raison de divisions, M. Houssin a estimé, comme le directeur général, que l'urgence de santé de portée internationale avait été décidée "au bon moment". Tous les cas, à quelques dizaines près, venaient de Chine. Et aucun décès n'avait été observé en dehors de ce pays.

Les spécialistes ont formulé vendredi des dizaines de recommandations. Parmi celles-ci, ils appellent à évaluer l'équilibre entre restrictions du transport aérien et "les conséquences non souhaitées" comme la difficulté d'acheminer une assistance humanitaire et de santé.

Et de son côté, l'OMS a lancé un partenariat pour étendre l'investissement sur la préparation des systèmes de santé de dix pays africains. Les efforts doivent porter sur le personnel, les infrastructures, l'eau et les dispositifs d'hygiène.

Effort avec les réseaux sociaux

Dans la matinée, l'organisation a aussi expliqué à la presse quelques collaborations avec les principales entreprises mondiales de réseaux sociaux. Elle avait déjà répété à plusieurs reprises l'importance de lutter contre les mensonges véhiculés par certains dans cette crise, sans dire à qui elle pensait.

Les partenariats permettent de supprimer ou dégrader certains contenus dangereux pour la santé des citoyens et mettre davantage en avant des indications crédibles. Mais aussi de relayer en plusieurs langues des données scientifiques et des recommandations face à la pandémie comme celles de l'OMS et celles des différentes autorités nationales.

L'OMS a elle-même lancé plusieurs types de dialogue, notamment avec les jeunes, et estime qu'elle devrait en établir à terme une trentaine, notamment l'un d'entre eux au Japon.

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