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L'émissaire Espen Barth Eide ne veut pas spéculer sur les conséquences d'un échec sur les pourparlers prévus dès mercredi en Suisse sur Chypre.

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

L'ONU n'a pas trouvé de consensus auprès des parties chypriotes pour un document commun qui offrirait un cadre aux pourparlers de Crans-Montana (VS). Répétant l'"opportunité unique" d'avancer vers un accord, elle refuse d'en faire la réunion "de la dernière chance".

"Nous n'avons pas de document commun", a dit mardi devant la presse à Genève l'émissaire de l'ONU Espen Barth Eide. "Nous allons reprendre là où nous étions restés" lors de la précédente conférence sur Chypre. Certains éléments partagés par les deux communautés seront toutefois relayés par l'ONU qui n'a fait "aucune proposition sur le contenu". "Plus d'une partie a indiqué ne pas sentir liée par un tel document" commun, a ajouté M. Eide.

"C'est une opportunité unique", a répété le Norvégien. Et cette série de discussions est "extrêmement importante", c'est "la meilleure chance" d'atteindre un accord de principe sur les questions à résoudre.

Les pourparlers doivent reprendre mercredi sur le territoire, le droit de propriété, la gouvernance et la répartition des pouvoirs. Mais surtout sur les questions de la sécurité et des garanties de 1960 qui donnent la possibilité à la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne d'intervenir militairement pour rétablir l'ordre constitutionnel dans l'île. Ce point reste la principale division à résoudre.

Gaz et présidentielle

L'émissaire refuse de spéculer sur les conséquences d'une absence de progrès dans les deux prochaines semaines. A la mi-juillet, un forage de gaz naturel, contesté par la Turquie, doit être lancé au large de Chypre.

La campagne pour l'élection présidentielle de février va ensuite démarrer à l'automne. Certains redoutent que le processus ne soit gelé jusqu'après le scrutin, sans savoir s'il pourra reprendre sur le même format.

Espen Barth Eide a rappelé qu'un débat parlementaire chypriote avait bloqué le processus pendant des mois. "Nous avons perdu plusieurs mois", "plus que nous n'aurions dû", a-t-il estimé.

Mercredi, la conférence doit rassembler les présidents chypriote Nicos Anastasiades et chypriote turc Mustafa Akinci et les ministres des Affaires étrangères grec Nikos Kotzias, turc Mevlut Cavusoglu et britannique Boris Johnson. De même que le premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans et la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

ATS