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Les Chagos se trouvent au coeur d'un litige de cinq décennies. En 1965, la Grande-Bretagne décide de séparer cet archipel de l'île Maurice et d'y installer une base militaire commune avec les Etats-Unis sur l'île principale de Diego Garcia (image symbolique).

KEYSTONE/EPA/MAST IRHAM

(sda-ats)

Coup dur diplomatique pour Londres: les Nations Unies ont décidé jeudi de demander à la Cour internationale de justice de se prononcer sur l'avenir des îles Chagos. L'archipel britannique de l'Océan Indien accueille une importante base militaire américaine.

Les Chagos se trouvent au coeur d'un litige de cinq décennies. En 1965, la Grande-Bretagne décide de séparer cet archipel de l'île Maurice et d'y installer une base militaire commune avec les Etats-Unis sur l'île principale de Diego Garcia.

Entre 1968 et 1973 s'organise alors une politique de déracinement des quelque 2000 habitants: les Chagossiens partis à Maurice en voyage ou pour des soins médicaux se voient interdire de rentrer chez eux, le reste de la population est expulsé sans ménagement entre 1971 et 1973 et emmené à Maurice ou aux Seychelles.

Abstention importante

L'assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution présentée par Maurice et soutenue par les pays africains. Le texte réclame que la Cour internationale de justice donne son opinion sur l'affaire.

Le texte a été approuvé par 94 voix pour et 15 contre, mais le vote a surtout été marqué par l'abstention de 65 pays dont de nombreux membres de l'Union européenne comme la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. La Russie et la Chine se sont aussi abstenues.

Ce vote était considéré comme un test de la capacité du Royaume-Uni à rallier derrière lui ses voisins européens après son référendum de sortie de l'UE.

Différend bilatéral historique

Londres et Washington avaient appelé avec vigueur l'assemblée de 193 nations à voter contre cette mesure, affirmant qu'il s'agissait d'un différend bilatéral.

"Combien de litiges bilatéraux issus de l'histoire pourraient être soumis à l'assemblée générale de cette façon", avait lancé avant le vote l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft. Il estimait que cette résolution "pourrait établir un précédent que beaucoup d'entre vous dans cette salle pourraient bien regretter".

La base stratégique de Diego Garcia - dont le bail court jusqu'en 2036 - a notamment été utilisée par l'agence américaine de renseignements CIA comme centre d'interrogation de suspects capturés en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001.

Non contraignant

La résolution demande à la Cour de "rendre un avis consultatif" sur la décision britannique de séparer Chagos de Maurice, mais aussi sur celle d'expulser les Chagossiens pour l'installation de la base militaire.

Cet avis sera non contraignant mais pourrait apporter de l'eau au moulin de Maurice - indépendant depuis 1968 - qui réclame le retour des îles Chagos dans son giron.

ATS