Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Comme cette militante de l'opposition, certains des manifestants portaient des casquettes aux couleurs du drapeau (rouge, jaune et bleu) ou s'étaient maquillés des mêmes couleurs.

KEYSTONE/AP/ARIANA CUBILLOS

(sda-ats)

Vêtus de blanc et en silence, plusieurs milliers d'opposants au président Nicolas Maduro défilaient samedi au Venezuela pour exprimer leur colère et rendre hommage aux victimes de trois semaines de manifestations. Des violences ont déjà fait 20 morts.

Contrastant avec les affrontements violents lors des précédents défilés, les mobilisations se déroulaient globalement dans le calme, dans la capitale mais aussi dans d'autres villes comme Maracaibo, Barquisimeto et San Cristobal. Seuls quelques heurts ont brièvement eu lieu dans l'est de Caracas, quand la police a repoussé des manifestants avec des grenades de gaz lacrymogène.

Dans les cortèges, de nombreuses personnes portaient des t-shirts blancs avec le mot "paix" en lettres noires, des casquettes aux couleurs du drapeau (rouge, jaune et bleu), des fleurs blanches. Certains s'étaient bâillonné la bouche avec un foulard rouge.

En silence

L'opposition a demandé à ce que ces manifestations soient silencieuses pour rendre hommage aux victimes. Elles doivent être "d'un silence historique et assourdissant pour peser sur la conscience de l'oppresseur", a écrit le député Miguel Pizarro sur Twitter.

Le silence était parfois interrompu par l'hymne vénézuélien, quelqu'un récitant un chapelet ou des applaudissements en hommage aux "tombés" pendant ces 21 jours de protestations. Mot d'ordre: rejoindre les sièges de l'épiscopat dans tout le pays.

Entouré d'un imposant déploiement de forces de l'ordre, un premier groupe est arrivé en début d'après-midi, avec un grand drapeau vénézuélien, au siège de la conférence épiscopale à Caracas. Là, un prêtre et un pasteur évangélique ont présidé une messe au haut-parleur, depuis un autel improvisé à l'arrière d'une camionnette.

Douze morts en une nuit

Dans la nuit de vendredi à samedi, des troubles ont encore éclaté dans plusieurs quartiers de Caracas. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogène pour disperser les manifestants.

Mercredi et jeudi, les défilés de dizaines de milliers d'opposants avaient déjà dégénéré en heurts et pillages, certains manifestants lançant des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué avec des tirs de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène. Dans la seule nuit de jeudi à vendredi, douze personnes sont mortes à Caracas.

"Blocage national" lundi

Gouvernement et opposition s'accusent mutuellement de cette spirale de violence qui a fait vingt morts et des centaines de blessés depuis le 1er avril. Plus de 600 personnes ont été arrêtées, selon l'ONG Foro Penal. Après les défilés de samedi, un "blocage national" des routes est prévu lundi.

Les antichavistes sont engagés dans un bras de fer avec le gouvernement et multiplient les mobilisations en misant sur l'épuisement du camp adverse.

La présidentielle de 2018 en ligne de mire

Pour le politologue Luis Salamanca, il est en effet difficile que ces manifestations puissent précipiter le départ de M. Maduro cette année. L'objectif de cette "course de fond" est plutôt la présidentielle de décembre 2018.

"Le peuple ne se fatigue jamais. Il n'a plus peur et va conquérir sa liberté", a promis vendredi soir sur "CNN en español" le président du Parlement, Julio Borges.

Dans ce pays pétrolier qui a sombré économiquement avec la chute des cours du brut, la majorité des aliments et médicaments manquent. "Le pays n'a plus un seul os en bonne santé. Les gens vont continuer à manifester" malgré la répression, prédit le sociologue Francisco Coello.

Soutiens étrangers

Et dans cette bataille, l'opposition a retrouvé une image d'unité, un soutien populaire et des alliés à l'international qui exercent une pression sur Caracas.

Le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro, a dénoncé vendredi la "lâcheté" du gouvernement Maduro. "Quand les leaders politiques donnent l'ordre de tirer contre leur propre peuple, c'est un signal très fort de lâcheté et de fragilité du régime vénézuélien", a-t-il déclaré à l'AFP.

Onze pays latino-américains et les Etats-Unis ont plaidé pour le respect du droit à manifester de manière pacifique et pour des élections permettant de sortir de la crise. Jeudi, l'Union européenne a condamné la violence.

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.

Rejoignez notre page Facebook en français!

ATS