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Les manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène à Caracas.

KEYSTONE/EPA EFE/MIGUEL GUTIERREZ

(sda-ats)

L'opposition vénézuélienne a organisé mercredi "la mère de toutes les manifestations" contre le président Nicolás Maduro, confronté à une contestation antigouvernementale croissante. Deux étudiants ont été tués et un militaire a été abattu lors de ces rassemblements.

Les anti-Maduro ont lancé il y a maintenant plus de deux semaines une campagne contre le successeur de Hugo Chavez, accusé de tendances dictatoriales et d'incompétence. Des violences en marge de ces manifestations, qui mercredi ont rassemblé au total des centaines de milliers de personnes, ont désormais fait huit morts.

Un sergent de la garde nationale vénézuélienne a été tué par un tireur embusqué lors de "violentes manifestations" dans l'Etat de Miranda, près de la capitale, a déclaré le médiateur Tarek Saab sur Twitter. Plus de 400 personnes ont été arrêtées mercredi, selon l'ONG Penal Forum. L'opposition a appelé dans la soirée à de nouvelles manifestations jeudi.

Dans la capitale Caracas, un étudiant de 18 ans, qui s'en allait jouer au football, a été pris dans une fusillade, et tué d'une balle dans la tête, ont rapporté des témoins. A San Cristobal, près de la frontière colombienne, une étudiante a été tuée par des hommes à moto à la fin de la manifestation.

Heurts à Caracas

A Caracas, des manifestants brandissant des drapeaux vénézuéliens ont bloqué une grande artère, aux cris de "A bas la dictature" et de "Maduro dehors". Dans d'autres quartiers, la police est intervenue avec des gaz lacrymogènes.

Des heurts similaires entre manifestants et forces de l'ordre ont été signalés dans trois grandes villes de province, San Cristobal, Puerto Ordaz (est) et Punto Fijo (nord).

Dans tout le pays, des marches ont eu lieu pour réclamer un calendrier électoral, l'arrêt des mesures répressives à l'encontre des manifestants et le respect du travail du Parlement, où l'opposition est majoritaire.

Les opposants, des "antéchrists"

Le chef de l'Etat, qui accuse ses opposants de semer des troubles pour renverser le gouvernement et d'être à la solde du capitalisme, avait appelé ses partisans, vêtus de chemises rouges, à se réunir lors d'un rassemblement concurrent dans la capitale vénézuélienne.

Dénonçant les visées "interventionnistes d'une droite corrompue", il a affirmé qu'"aujourd'hui le peuple est avec M. Maduro", qualifiant ses opposants d'"antéchrists".

"Ce gouvernement est en phase terminale", a assuré pour sa part mardi soir à Reuters Henrique Capriles, l'un des chefs de file de l'opposition. "Cette campagne va s'intensifier et (...) contraindre M. Maduro, et son régime, à organiser des élections libres et démocratiques."

La commission électorale, qui est réputée proche du gouvernement, a reporté la tenue des élections des gouverneurs d'Etat qui devaient avoir lieu cette année. L'opposition estime que le parti socialiste au pouvoir redoute une défaite.

Crise économique

Le mouvement de contestation antigouvernemental a été déclenché par la décision de la cour suprême, à la fin mars, d'assumer les pouvoirs du congrès, même si le tribunal est ensuite partiellement revenu sur cette mesure.

La décision d'interdire toute activité politique à Henrique Capriles pendant quinze ans en raison d'"irrégularités" dans la gestion de fonds publics a également nourri la colère d'une partie de la population, soumise depuis des années à une profonde crise économique qui se traduit souvent par l'absence de produits de première nécessité.

L'opposition avait appelé ses partisans à se retrouver mercredi sur une douzaine de points de rassemblement avant de converger vers les locaux du défenseur des droits, garant des droits de l'homme dans le pays.

Mais comme lors de précédentes tentatives similaires, les manifestants ont trouvé face à eux la garde nationale, qui a bloqué le défilé.

ATS

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