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Parmi les blessés figure un violoniste de 23 ans, Wuilly Arteaga, devenu célèbre au Venezuela en jouant l'hymne national et d'autres airs devant les lignes des forces de l'ordre pendant que des heurts se déroulaient autour de lui.

KEYSTONE/AP/FERNANDO LLANO

(sda-ats)

L'armée vénézuélienne a bloqué samedi à Caracas à coups de gaz lacrymogène le défilé vers le Tribunal suprême de justice (TSJ) en soutien aux magistrats "nommés" par l'opposition pour créer une Cour suprême. C'est la dernière offensive contre le président Maduro.

La Table de l'unité démocratique (MUD), coalition de l'opposition, a appelé pour ce samedi à plusieurs rassemblements dans la capitale et dans d'autres villes du pays.

"Nous soutenons les nouveaux magistrats (désignés par l'opposition, ndlr), pour que soit rendue son indépendance au TSJ, qui est aujourd'hui aux ordres de Maduro", a expliqué à un manifestant de 43 ans à Caracas, accompagné de sa femme et de son fils.

Décidés à ne pas faire retomber la pression sur le gouvernement, les députés de l'opposition avaient en effet organisé vendredi une session parlementaire dans la rue pour "nommer" 33 magistrats à la Cour suprême (TSJ).

L'opposition estime que les 33 juges actuels ont été désignés de façon irrégulière par l'ancienne majorité chaviste (du nom d'Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013, dont Nicolas Maduro est l'héritier). Le TSJ a mis en garde contre cette initiative de l'opposition, qui constitue selon lui une "trahison de la patrie" passible de peines de prison.

Violoniste blessé

Les forces de sécurité vénézuéliennes ont tiré des gaz lacrymogènes contre des centaines de jeunes manifestants qui protestaient dans les rues de Caracas contre le président Nicolas Maduro. Parmi les blessés figure un violoniste de 23 ans, Wuilly Arteaga, devenu célèbre au Venezuela en jouant l'hymne national et d'autres airs devant les lignes des forces de l'ordre pendant que des heurts se déroulaient autour de lui.

Le violoniste blessé, hospitalisé, a pu diffuser sur Twitter une vidéo où il apparaît le visage bandé. "Ni les balles en caoutchouc ni les plombs ne réussiront à mettre fin à notre combat pour l'indépendance du Venezuela", a-t-il écrit. "Demain, je serai de nouveau dans la rue".

Pour le député d'opposition Luis Florido, interrogé lors de la marche, "la répression est le seul moyen qu'a ce régime de se maintenir au pouvoir".

Le cap des 100 morts franchi

Parallèlement, les appels lancés au président vénézuélien à rétablir l'Etat de droit dans son pays se multiplient au sein de la communauté internationale.

Réunis vendredi à Mendoza en Argentine, les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay, le Venezuela étant suspendu de cette organisation depuis décembre) ont ainsi adressé une demande en ce sens à M. Maduro.

Le nombre des morts dans les violences liées à l'actuelle crise politique s'élève pour l'heure à 103 et le ton monte non seulement dans la région, mais aussi aux Etats-Unis et en Europe.

L'opposition manifeste quasi-quotidiennement depuis fin mars pour dénoncer la gestion actuelle du Venezuela et réclamer une élection présidentielle anticipée. Les défilés ont souvent été marqués par des confrontations entre protestataires et forces de l'ordre.

ATS