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L'idée de constitution d'un Fonds monétaire européen est notamment soutenue par Wolfgang Schäuble (archives).

KEYSTONE/EPA/STEPHANIE LECOCQ

(sda-ats)

Encouragée par la victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle française, la Commmission européenne a dévoilé mercredi des propositions pour accélérer l'intégration de la zone euro. Elle s'invite ainsi dans le débat franco-allemand qui s'est engagé.

La volonté de "refondation" de l'Europe du nouveau président français, ainsi que le récent appel de la chancelière allemande Angela Merkel à une Union plus forte à l'heure de Donald Trump et du Brexit, ouvrent une "fenêtre d'opportunité" pour améliorer le fonctionnement de la monnaie unique, que beaucoup jugent inachevée.

"Nous ne pouvons pas rater cette occasion historique", a martelé le Commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Il s'agit de formuler des "pistes possibles pour approfondir et achever l'Union économique et monétaire d'ici 2025", destinées notamment à réduire l'écart qui s'est creusé depuis la crise financière de fin 2007 entre les riches et les pauvres au sein des 19 pays ayant adopté la monnaie unique.

Leur éventuelle mise en oeuvre dépendra cependant largement de la coopération entre Paris et Berlin.

Efforts demandés

Car si Angela Merkel, qui semble bien partie pour rester chancelière après les législatives allemandes de septembre, s'est montrée ouverte à la possiblité d'avancer sur l'Union, elle attend en retour des efforts du nouveau président français: c'est-à-dire des réformes du marché du travail pour le rendre plus compétitif et un assainissement de ses finances publiques.

Parmi les suggestions de l'exécutif européen, la création d'une "capacité budgétaire" de la zone euro. Un terme un peu moins fort que celui de "budget", destiné notamment à ne pas brusquer les conservateurs allemands, peu ouverts à un accroissement de la solidarité dans l'immédiat.

Est également proposée à terme la fusion du rôle de Commissaire européen aux Affaires économiques (actuellement M. Moscovici) avec celui du président de l'Eurogroupe (le porte-voix des 19 Etats de l'eurozone, actuellement le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem).

L'idée d'un budget et d'un super ministre des Finances de la zone euro, également mise en avant par M. Macron, a rencontré un écho très positif chez les sociaux-démocrates allemands.

Conservateurs mitigés

En revanche, les conservateurs d'Angela Merkel sont plus nuancés: un ministre des Finances de la zone euro, pourquoi pas, mais à condition qu'"il puisse pouvoir imposer le respect par tous des règles budgétaires", soulignait le grand argentier allemand Wolfgang Schäuble, dans un entretien à l'hebdomadaire Der Spiegel, juste après l'élection de M. Macron.

La Commission européenne suggère également la création au delà de 2019 - donc après les élections de l'UE - d'un "actif sans risque européen", "un nouvel instrument d'émission de dette commune, qui renforcerait l'intégration et la stabilité financière". Une idée qui risque d'inquiéter Berlin, opposé à toute idée de création d'"eurobonds" qui mutualiserait les dettes européennes.

Cette question - plusieurs fois déjà mise sur la table - "suscite d'intenses débats, certains craignant notamment qu'elle dissuade les Etats membres de mener des politiques économiques vertueuses", note l'exécutif européen dans son rapport sans nommer directement l'Allemagne, chantre de l'orthodoxie budgétaire.

"La Commission continuera à réfléchir aux différentes possibilités d'actifs sans risque pour la zone euro afin d'encourager le débat", écrit la Commission.

Fonds monétaire européen

Egalement sur la table, l'idée de constitution d'un Fonds monétaire européen, ce que souhaite d'ailleurs M. Schäuble. Bruxelles propose enfin des mesures pour compléter l'Union bancaire "dès que possible".

Mais le projet de la Commission de garantie européenne des dépôts, présenté en novembre 2015, piétine. L'Allemagne a manifesté à maintes reprises ses réticences quant à une mutualisation du système, craignant de voir les épargnants allemands payer pour les banques d'autres pays, moins bien gérées.

En juin 2016, l'Allemagne avait imposé que ce dossier ne soit abordé à nouveau par les ministres de la zone euro que lorsque le bilan des banques (notamment italiennes) serait apuré de leurs créances douteuses.

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ATS