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Le président catalan Carles Puigdemont a renoncé à convoquer des élections anticipées qui auraient pu permettre de sortir de la crise.

KEYSTONE/EPA EFE/QUIQUE GARCIA

(sda-ats)

L'Union européenne est dans l'embarras face à la crise espagnole. La situation catalane est inédite dans l'histoire de l'UE et pourrait inspirer de nombreuses régions en quête d'autonomie.

"Rien n'empêche l'UE d'agir, mais elle est complètement paralysée. Elle est bloquée à l'interne", souligne René Schwok, interrogé par l'ats. "Les Etats membres ont peur que cela puisse rejaillir contre eux et ils ne veulent pas se mettre Madrid à dos. S'ils acceptaient de parler avec la Catalogne, ce serait une légitimation" pour d'autres mouvements séparatistes, explique le directeur du Global Studies Institute, à l'Université de Genève.

"L'UE est freinée dans ses démarches pour faire pression, car elle pense que l'UE est faite par les Etats", analyse l'ancien conseiller national Andreas Gross (PS/ZH). "Elle oublie les citoyens, c'est une faiblesse récurrente", déplore-t-il .

Centralisme "anti-moderne"

"La Catalogne est une mise en garde. Les citoyens veulent une Europe dans laquelle ils ont quelque chose à dire", prévient M. Gross, qui appelle à une réforme en profondeur de l'UE. Le vice-président de la Commission "Frans Timmermans est lui aussi convaincu que sans une démocratisation, l'UE ne peut pas survivre. Mais nombreux sont ceux à Bruxelles qui ignorent cette réalité."

A ses yeux, "cette crise montre qu'il faut mieux représenter les citoyens européens. Le centralisme est anti-moderne, il ne correspond pas aux citoyens d'aujourd'hui, qui veulent pouvoir s'exprimer".

"La crise catalane est une expression du dysfonctionnement de l'Etat nation espagnol, avec un gouvernement qui veut un Etat centralisé", explique Andreas Gross. Or, "les Catalans ne sont pas nationalistes, ils ont une notion de nation très proche de celle des Suisses, ils veulent pouvoir exprimer leur souveraineté".

Fédéralisme comme panacée

"Certains Etats de l'UE se sont fédéralisés, comme la Belgique, qui est aujourd'hui moins centralisée que la Suisse" rappelle M. Schwok. Ce qui explique que certains mouvements comme la Nouvelle alliance flamande (N-VA), en Belgique, "ne se disent aujourd'hui plus indépendantistes, mais confédéralistes", renchérit Cyril Trépier, chercheur à l'Institut français de géopolitique à Paris et spécialiste de la Catalogne.

Il souligne également qu'il n'y a pas de mouvement indépendantiste en Bavière, qui bénéficie d'une autonomie large, et que le Land se porte probablement mieux que s'il était indépendant.

Pour Bruxelles, ces questions restent rigoureusement internes aux Etats. "Si l'Espagne le désirait, elle pourrait évoluer vers plus de fédéralisme", souligne René Schwok.

"Les Catalans ont fait la sourde oreille"

En revanche, "la Commission européenne a été claire: si la Catalogne quitte l'Espagne, elle quitte l'UE", explique-t-il. Si elle proclamait son indépendance, elle devrait passer par un processus d'adhésion, auquel Madrid peut opposer son veto.

"L'UE répète son discours sur l'exclusion depuis 2004. Mais les indépendantistes catalans ont fait la sourde oreille", souligne pour sa part M. Trépier. "Les indépendantistes ont toujours pensé quitter l'Espagne pour se rapprocher de l'Europe. En dehors de l'UE, les Catalans n'ont rien à gagner de l'indépendance."

D'autant plus que le cas de la Catalogne est une première pour l'Union, jamais auparavant, il n'y a eu d'indépendance d'un territoire dans l'UE qui voulait rester membre. "La Catalogne est une situation inédite, qui pourrait avoir des effets sur les autres territoires européens".

Il ne faut pas oublier, selon Cyril Trépier, que "ces populations peuvent s'exprimer lors des élections locales, elles ne sont pas soumises à la colonisation (...) Il est dommage que M. Puigdemont n'ait pas saisi l'opportunité de convoquer des élections pour sortir de la crise. Le gouvernement catalan est en grande partie responsable du blocage actuel", conclut-il.

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ATS