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Il s'agit aussi pour l'UE de s'organiser pour ne pas rater la mutation du marché vers des véhicules "zéro émission carbone" ou "à faibles taux d'émission" (archives).

KEYSTONE/AP dpa/DANIEL BOCKWOLDT

(sda-ats)

La Commission européenne a dévoilé mercredi sa stratégie pour doper l'industrie des voitures propres dans l'UE. Elle compte imposer de nouvelles limites de rejet de CO2, pour répondre à ses objectifs climatiques et faire face à la concurrence asiatique et américaine.

La mesure-phare est la définition de nouveaux seuils d'émissions de CO2 pour les voitures et utilitaires légers neufs entre 2021 et 2030. La Commission veut que la moyenne des émissions de CO2 produites par ces véhicules recule de 30% en dix ans, avec un objectif intermédiaire de -15% en 2025. Ces propositions doivent encore être négociées par les Etats membres et le Parlement européen avant d'être adoptées.

Contrairement à la tendance générale dans l'Union européenne (UE), les émissions liées au transport routier, responsable de 22% des émissions de l'UE, ont augmenté, d'environ 20%, depuis 1990.

"Cela va clairement l'encontre de nos objectifs climatiques liés à l'accord de Paris", a noté Miguel Arias Canete, commissaire européen à l'Action pour le Climat: -40% d'émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990. La proposition doit permettre d'économiser l'équivalent des rejets annuels de l'Autriche et la Grèce combinés.

Pas de quotas

Ecartant l'idée de quotas, la Commission a préféré un système basé sur "l'incitation", "inspiré par ce qui se fait en Californie", selon Maros Sefcovic, vice-président de la Commission. Les constructeurs qui dépassent les références "idéales" fixées par l'UE pourront obtenir une augmentation des limites d'émissions de CO2 de leur flotte roulant en moteur à combustion.

Si la Commission estime donner du temps à l'industrie pour s'adapter, celle-ci a qualifié la proposition actuelle de "très agressive", selon l'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA).

Opposée à tout objectif intermédiaire, l'ACEA dit préférer une réduction de 20% des émissions d'ici 2030, un objectif "atteignable à un coût élevé mais acceptable".

Ventes pas très encourageantes

Les chiffres des ventes de voitures neuves ne sont pas très encourageants: sur un an, au 3e trimestre 2017, les nouvelles immatriculations de voitures hybrides (+59,7%) et électriques (+55,3%) ont certes explosé, mais ne représentent toujours qu'une infime portion des ventes (1,6% des ventes en Europe pour l'électrique).

Il faudra aussi développer les infrastructures, prévient la Commission. Elle prévoit d'y consacrer 800 millions d'euros (917 millions de francs), en particulier pour démultiplier les bornes de recharge.

Depuis le scandale du dieselgate, les révélations se sont enchaînées sur le fossé entre les émissions de gaz polluants déclarées par les constructeurs et celles effectivement produites sur les routes, et l'UE peine à rétablir la confiance dans son industrie automobile.

"Cadeau de Noël"

Plusieurs métropoles européennes ont annoncé leur volonté d'éliminer les moteurs à combustion, à l'image de Paris, qui veut en être libérée à l'horizon 2030. Mais l'ONG Transport & Environnement a immédiatement dénoncé "le cadeau de Noël de Jean-Claude Juncker à l'industrie automobile".

Les ministres de l'Environnement et/ou des Transports de sept Etats membres (Luxembourg, Autriche, Belgique, Pays-Bas, Portugal, Irlande, Slovénie) avaient écrit à la Commission pour qu'elle se montre plus ambitieuse, réclamant une réduction pour le secteur automobile de -40%, selon une lettre consultée par l'AFP.

L'eurodéputée Verts Karima Delli a de son côté accusé la Commission d'avoir "cédé aux sirènes du lobby automobile mené d'une main de maître par les constructeurs allemands".

"Supprimer les sanctions pour avoir échoué à remplir les objectifs de voitures (propres), c'est marquer un but contre son camp", a lancé Greg Archer, de l'ONG T&E, estimant que cela n'aiderait pas aider à faire face à la concurrence.

Développer la diversité

Car pour l'UE, il s'agit aussi de s'organiser pour ne pas rater la mutation du marché vers des véhicules "zéro émission carbone" ou "à faibles taux d'émission", (moins de 50 g de CO2/km). Actuellement, déplore la Commission, seuls 6 modèles de voitures électriques sont disponibles dans l'UE contre plus de 400 en Asie.

"La course a déjà commencé", a asséné M. Sefkovic, qui a déjà lancé un plan pour développer la batterie électrique en Europe, qu'il voit comme le secteur clé à conquérir.

Les autres mesures du paquet de la Commission visent à développer la diversité des modes de transport ou encore les bus passagers sur longue distance.

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ATS