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D'autres secteurs, comme ceux de la construction et de l'hôtellerie-restauration, réclament aussi davantage de souplesse (photo symbolique).

Keystone/OLIVIER MAIRE

(sda-ats)

L'Union suisse des arts et métiers (USAM) veut moderniser et assouplir la loi sur le travail, en supprimant les "réglementations" inutiles sur la durée du travail et du repos ou les pauses. "Une gifle pour beaucoup de salariés", fustige le syndicat UNIA.

Pour l'USAM, la loi sur le travail est obsolète. "Elle reflète l'esprit des années 50 et 60. Elle n'est plus d'actualité", déclare son président Jean-François Rime, cité mardi dans un communiqué. La plus grande organisation faîtière de l'économie suisse, qui regroupe quelque 300'000 PME, a présenté à Berne ses exigences en vue de flexibiliser le droit du travail.

Dans sa ligne de mire: les horaires, jugés trop rigides. L'Union suisse des arts et métiers demande que la durée maximale de la semaine de travail passe de 45 à 50 heures.

Pour Daniela Schneeberger, présidente de l'Union suisse des fiduciaires, la loi n'est pas adaptée à son secteur. "Nous devons pouvoir travailler plus longtemps à la fin de l'année et au printemps, périodes durant lesquelles les comptes annuels et les déclarations fiscales nous imposent une surcharge de travail", argumente-t-elle.

Distinguer PME et grandes entreprises

D'autres secteurs, la construction ou l'hôtellerie-restauration notamment, réclament aussi davantage de souplesse. La Société suisse des entrepreneurs se dit persuadée que l'introduction d'un modèle de temps de travail basé sur l'année civile et répondant aux besoins pratiques est une bonne solution pour préserver compétitivité et emplois.

Membre du Comité directeur de l'USAM, Sylvia Flückiger-Bäni souhaite dispenser les PME des obligations qui ne se justifient que pour de grandes sociétés. Le nombre maximal d'employés dans une "petite entreprise artisanale" (non soumise aux prescriptions en matière de durée du travail et de repos) devrait par exemple être relevé de quatre à dix personnes, plaide Mme Flückiger-Bäni.

Une "gifle" selon UNIA

Réagissant à ces demandes, UNIA a déploré mardi dans un communiqué "une gifle pour beaucoup de salariés". D'après le syndicat, l'Union suisse des arts et métiers s'attaque "sous couvert de modernisation" à la protection juridique de base, qui est loin d'être désuète. Et de souligner que la Suisse est le pays d'Europe où les horaires de travail sont les plus longs.

UNIA considère que les salariés doivent pouvoir organiser leur temps de travail en fonction d'autres domaines de la vie, dans le cadre des dispositions légales sur les horaires de travail et les périodes de repos. "C’est en cela que l'on reconnaît une loi du travail moderne."

Les conséquences des mesures proposées par l'USAM, "qui ne servent que l'employeur", impliqueraient une grave détérioration des conditions de travail et une réduction de la protection de la santé, déplore le syndicat.

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ATS