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La "Marche pour la justice" initiée en Turquie par le chef du Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kiliçdaroglu a rallié une foule croissante, qui s'étendait vendredi à perte de vue. Le CHP parlait de 45'000 participants.

KEYSTONE/EPA/ERDEM SAHIN

(sda-ats)

La "Marche pour la justice" entamée le 15 juin à Ankara par le principal parti d'opposition en Turquie est arrivée vendredi à Istanbul. L'événement vise à protester contre l'incarcération d'un de ses députés.

L'initiateur de ce mouvement, le chef du Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, avançait sans insigne partisane et avec "Justice" comme seul mot d'ordre. Il a rallié une foule croissante, qui s'étendait vendredi à perte de vue, a constaté un journaliste de l'AFP. Le CHP parlait de 45'000 participants.

La marche de plus de 400 kilomètres est partie de la capitale Ankara. Elle doit se terminer dimanche par un rassemblement géant à Maltepe près d'Istanbul, devant la prison où est incarcéré depuis le 14 juin Enis Berberoglu, un député du CHP condamné à 25 ans de prison pour avoir dévoilé des secrets d'Etat.

"Aujourd'hui, nous entrons dans Istanbul et je suis extrêmement heureux", a déclaré vendredi M. Kiliçdaroglu. Il s'est félicité d'avoir fait "une longue route sans qu'il y ait eu le moindre blessé".

Soutien

Tandis que le cortège traversait une zone industrielle, de nombreux ouvriers sont sortis de leurs usines ou se sont postés à leur fenêtre pour saluer les marcheurs et les applaudir. Des voitures klaxonnaient également en les dépassant en digne de soutien.

"Ensemble, ce dimanche 9 juillet, nous allons terminer notre marche", a poursuivi M. Kiliçdaroglu. "Mais pas notre recherche de justice".

Certains groupes sont venus marquer leur désapprobation en scandant le nom du président turc Recep Tayyip Erdogan. Aucun affrontement n'a pour autant éclaté.

M. Erdogan a accusé M. Kiliçdaroglu de soutenir les "terroristes" en organisant cette marche et l'a même mis en garde contre une possible convocation judiciaire. Mais, à ce jour, les autorités n'ont pas empêché le déroulement de la manifestation et ont fourni les moyens nécessaires pour en assurer la sécurité.

"Dernière goutte d'eau"

Dans une déclaration écrite à l'AFP, M. Kiliçdaroglu a dénoncé un pays "dirigé d'une manière arbitraire" où "les limites du droit ont été dépassées". "A l'heure actuelle, le parlement en Turquie est hors service et le pays est dirigé par décrets par Erdogan", poursuit-il. Et d'ajouter: "l'indépendance judiciaire a été complètement abolie".

L'opposition en Turquie dénonce une dérive autoritaire du président Erdogan, notamment avec l'adoption par référendum d'un renforcement de ses pouvoirs en avril et avec les purges effectuées depuis la tentative de putsch il y a un an : environ 50'000 personnes ont été arrêtées et plus de 100'000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.

"L'arrestation de M. Berberoglu est la dernière goutte d'eau", estime M. Kiliçdaroglu dans cette déclaration écrite.

ATS