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Jérôme Rebetez, patron de la brasserie des Franches-Montagnes (BFM), n'a pas perdu son enthousiasme après 20 ans d'activité.

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

Pionnière en Suisse, la bière BFM célèbre ses 20 ans d'existence dans un marché en expansion depuis quelques années. Née du rêve d'un homme de 20 ans, la brasserie de Saignelégier (JU) mise sur son caractère artisanal pour survivre au milieu des grands groupes.

En deux décennies, l'enthousiasme et les ambitions du directeur de l'entreprise, Jérôme Rebetez, n'ont pas faibli. D'ici un an, l'entreprise située à l'entrée du chef-lieu des Franches-Montagnes possédera une nouvelle brasserie, explique-t-il dans un entretien à l'ats, en montrant du doigt le terrain où se construit l'infrastructure.

L'investissement est conséquent. Il se monte à un peu plus de 9 millions de francs. La capacité totale de la brasserie des Franches-Montagnes (BFM), sera alors quatre à cinq fois plus grande qu'actuellement. Jérôme Rebetez espère doubler sa production grâce aux nouvelles installations.

L'entreprise, qui emploie 24 personnes, devrait produire 6000 hectolitres de bière en 2017. En 2010, le volume était de 600 à 700 hectolitres. Le chiffre d'affaires affiche une croissance de 10% par année, ajoute le patron, sans toutefois préciser les revenus de sa société.

Essor des brasseries

Malgré cette expansion notable, la BFM reste une petite brasserie en Suisse comparé aux 3,4 millions d'hectolitres produits dans le pays l'an dernier, selon les chiffres de l'Administration fédérale des douanes (AFD). Les Suisses ont bu 4,573 millions d'hectolitres, une consommation en recul de 0,3% sur un an.

Ce qui n'a pas empêché le nombre de brasserie d'exploser. Elles étaient 753 en 2016, soit 130 de plus qu'en 2015. A titre de comparaison, l'AFD en recensait 220 en 2007.

Toutefois, selon l'Association suisse des brasseries, 99,2% de la bière suisse est produite par 49 brasseries qui écoulent plus de 1000 hectolitres par an dans l'ombre des deux géants Carlsberg et Heineken.

Bases légales

On manque de bases légales pour définir les brasseries artisanales, estime Jérôme Rebetez. Quiconque brasse plus de 4 hectolitres de bière par année, à titre professionnel ou non, ou met de la bière en circulation sur le marché, indépendamment de la quantité vendue, est considéré comme une brasserie.

Le volume peut définir le caractère artisanal ou non d'une brasserie, reconnaît-il. Mais ce n'est pas en grandissant que la BFM va changer, affirme-t-il. Le produit doit aussi avoir une personnalité et se démarquer des bières industrielles.

Les nouvelles brasseries ne sont pas toutes des brasseries professionnelles. Ce sont souvent des "brasseries de garage", remarque celui qui a notamment démarré son entreprise en gagnant un prix lors d'une émission de la Télévision suisse romande.

Mais son projet n'est pas seulement parti d'un rêve, explique-t-il. Ingénieur oenologue, il connaissait son sujet. Une professionnalisation qu'il conserve en employant des maîtres brasseurs diplômés.

Malt bavarois

Fier de sa région, le brasseur jurassien ne mise néanmoins pas sur un produit entièrement local. Ainsi, le malt de ses bières provient de Bavière. Au total, il en importe 200 tonnes. Il ne rejette pas l'idée de se fournir un jour en Suisse. Mais la quantité dont il a besoin dépasse pour l'instant la production des malteries régionales.

La BFM est distribuée dans toute la Suisse grâce notamment à des contrats avec Coop et Manor. La bière brune a par exemple la cote dans les grands magasins de Suisse alémanique, mais le brasseur refuse de tirer des conclusions sur les habitudes des consommateurs.

Quelque 20% du chiffre d'affaires de la brasserie est réalisé à l'étranger dans une quinzaine de pays. Les bières de signature, aux goûts et techniques particulières, sont les plus recherchées dans ces pays comme les Etats-Unis, le Japon, la Belgique, la France, la Scandinavie, l'Italie ou l'Espagne, indique le brasseur, qui revient de Corée du Sud et du Japon et qui comptabilise jusqu'à trois mois de voyages par an.

ATS