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A ce jour, seule la blockchain du bitcoin peut être considérée comme infalsifiable, à cause de la puissance de calcul et des ressources informatiques utilisées pour la constituer (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

La blockchain, cette innovation technologique adossée aux cryptomonnaies, fait de plus en plus parler d'elle. Même les collectivités publiques commencent à s'y intéresser. Elle est cependant très gourmande en énergie et en capacités de calcul informatiques.

La blockchain est née voilà dix ans avec la création du bitcoin, ce premier argent virtuel mis au point par le mystérieux Satochi Nakamoto. Elle permet de conserver les transactions effectuées en bitcoin depuis l'origine de cette cryptomonnaie avec une sécurité jamais mise en défaut jusqu'à ce jour, comme gravé dans le marbre.

Cette inviolabilité repose sur un protocole strict. Avant d'être introduites dans un bloc de la chaîne, les transactions passent par un "hachoir", un algorithme cryptographique qui les transforment en empreinte numérique. Celle-ci garantit qu'une modification du contenu du bloc - aussi mineure soit-elle - soit identifiable.

Composée d'une série de 0 et de 1, l'empreinte est ensuite recopiée dans le bloc suivant de la chaîne. Un bloc contient donc à chaque fois sa propre empreinte et l'empreinte du bloc précédent. Et c'est ainsi que la chaîne s'allonge, avec des blocs reliés les uns aux autres par une sorte de signature numérique.

Un décide pour tous

Mais avant d'être accroché à la chaîne, un bloc doit d'abord être validé par la communauté des utilisateurs de la blockchain. Le vote n'est pas envisageable, car il est impossible de garantir qu'une personne ne donnera pas plusieurs fois son avis. Le choix a donc été fait de permettre à chacun d'être celui qui peut décider pour tous.

Il s'agit d'imposer un problème mathématique à résoudre qui implique une grande capacité de calcul, explique Adrien Treccani, fondateur de l'entreprise lausannoise Metaco, spécialisée dans le stockage des cryptomonnaies. Cette résolution du problème ralentit volontairement l'ajout de blocs et laisse le temps à la communauté de se mettre d'accord sur leur succession, soit l'évolution de la comptabilité.

Le premier participant qui résout le problème mathématique apporte ce qu'on nomme la "preuve de travail". Il peut donc apporter un nouveau bloc valide à la chaîne.

Cette activité, effectuée par des gens appelés des "mineurs", est rémunérée en cryptomonnaie. "C'est une réelle activité commerciale qui s'est développée à l'échelle mondiale, en particulier dans les pays où le coût de l'électricité est faible", souligne M. Treccani.

Chasse aux ressources de calcul

Sachant, qu'un bitcoin vaut 6500 francs, le travail de minage peut devenir très rentable. Toutefois, avec un simple ordinateur, à moins d'être un million de fois plus chanceux qu'un gagnant du loto, trouver le bon résultat prendra des milliers d'années. Les mineurs sont donc contraints de mutualiser leurs ressources, parfois les voler en piratant PC et appareils, dans une compétition libre.

Actuellement, quatre groupes de mineurs atteignent une majorité du marché du minage sur le réseau bitcoin, relève M. Treccani. En Chine, de véritables usines ont vu le jour près des centrales hydroélectriques, ajoute Alexis Roussel, ex-président du Parti Pirate et actuel patron de la société Bity.

"C'est le prix à payer en énergie pour avoir un système sécurisé", souligne-t-il. Modifier un bloc de la chaîne conduirait en effet à changer son empreinte et la preuve de travail qui y est associée. Mais il faudrait aussi recalculer toutes les empreintes et preuves de travail des blocs qui ont été ajoutés à la suite du bloc modifié.

Un défi gigantesque qui réclamerait une quantité colossale de ressources informatiques qu'un individu ou un groupe d'individus serait bien incapable de mobiliser. Sans compter que les autres mineurs du réseau poursuivraient leur tâche sans relâche et continueraient d'allonger la chaîne en validant d'autres blocs.

Un bloc toutes les 10 minutes

Actuellement, un bloc de la blockchain bitcoin, contenant 2500 transactions, est ajoutée toutes les dix minutes environ, indique M. Roussel. Pour ce dernier, même si le fonctionnement des cryptomonnaies consomme beaucoup d'électricité, le jeu en vaut la chandelle. Le bitcoin apporte "un dynamisme économique jamais vu".

Les cryptomonnaies peuvent conduire aux contrats intelligents, note de son côté M. Treccani. Il s'agit de glisser un petit programme qui s'exécute lors de la transaction et qui peut être vérifié par l'acheteur et le vendeur. Selon le patron de Metaco, la finance de demain va s'appuyer sur ces contrats intelligents.

M. Treccani prévoit aussi l'avènement de l'ère de la "tokenisation", où les jetons (token) numériques remplaceront les actions des entreprises et d'autres actifs. Grâce à la démonétisation, les banques devraient aussi perdre leur rôle central en matière de crédit, avec la généralisation du crédit de particulier à particulier.

A ce jour, le bitcoin est la seule cryptomonnaie à garantir l'infalsifiabilité de sa blockchain, grâce à la puissance de calcul utilisée. Une blockchain sans la puissance de calcul comme celle utilisée par le bitcoin ne peut pas être considérée comme sûre pour le moment, note M. Roussel.

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ATS