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La Banque nationale suisse (BNS) a été extrêmement courageuse de s'être engagée de manière aussi déterminée pour fixer un taux de change plancher du franc vis-à-vis de l'euro, estime l'expert Charles Wyplosz. Cette mesure n'est en effet pas dénuée de risque.

La BNS "prend un certain risque dans la mesure où elle sait qu'elle s'est engagée de manière illimitée", relève le professeur à l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève, dans un entretien publié samedi par "Le Temps".

A ses yeux, la mesure prise par la BNS "était la seule façon d'obtenir le résultat voulu". Et il souhaite que la Banque centrale européenne (BCE) fasse de même en Europe. Pour cet expert de la macro-économie, des taux de change et des systèmes monétaires, ce plancher à 1,20 franc pour 1 euro est une protection offerte aux exportateurs suisses.

Mesure provisoire

Si la décision était courageuse, la question est: quand s'en sortira-t-on? M. Wyplosz ne pense pas que l'intention de la BNS soit de maintenir ce taux plancher en permanence. Sinon, ce serait un rapprochement dans les faits de la zone euro.

Si la Suisse ne connaît pas les mêmes difficultés économiques que ses voisins, c'est notamment parce qu'elle a bien géré la crise de ses banques lors de la crise financière de 2007-2008. "C'était rapide et efficace", dit le professeur. Elle a aussi un outil de contrôle qu'est le frein à l'endettement et elle a profité des programmes de relance d'autres pays, ajoute-t-il.

Situation critique

Le spécialiste n'est pas optimiste par rapport à la crise de la dette en Europe. S'il salue les mesures prises pour aider la Grèce et recapitaliser les banques, il déplore le temps qui a été perdu. Selon lui, c'est parce qu'il "était plus important pour les responsables politiques de la zone euro de protéger leurs banques que de sauver la Grèce".

Charles Wyplosz craint aussi le risque de contagion à d'autres pays comme l'Irlande ou l'Espagne.

ATS