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L'adoption de la loi sur les toilettes par la Caroline du Nord en mars 2016 avait suscité des réactions outrées aux Etats-Unis et au-delà (archives).

KEYSTONE/AP/GERRY BROOME

(sda-ats)

En voulant imposer dans quels WC devaient aller les personnes transgenres, l'Etat américain de Caroline du Nord a déclenché une "bataille des toilettes". Il s'y est finalement noyé: la loi controversée va être remplacée par un nouveau texte, toujours critiqué.

Les deux chambres de l'Assemblée générale de cet Etat à majorité républicaine se sont prononcées jeudi en faveur de la nouvelle loi, qui abroge de facto la mesure adoptée l'an dernier et tant décriée par les démocrates. Après le vote au Sénat (32 voix contre 16) et celui à la Chambre des députés (70 voix contre 48), c'est désormais au gouverneur de promulguer le texte

Cette loi concerne une infime minorité d'habitants. Elle impose dans les établissements publics l'utilisation des vestiaires et des WC selon le sexe figurant sur l'acte de naissance et non selon l'identité sexuelle à laquelle on s'identifie. Le texte interdit également aux autorités locales d'adopter des règles se voulant non discriminatoires.

Appels au boycott

L'image de la Caroline du Nord, située dans l'est du pays, en a pâti. Les électeurs locaux l'ont exprimé en ne réélisant pas en novembre le principal promoteur du texte, l'ancien gouverneur républicain Pat McCrory.

L'adoption de la loi en mars 2016 avait suscité des réactions outrées aux Etats-Unis et au-delà. Des appels au boycott se sont multipliés de la part d'artistes, d'entreprises ou d'institutions sportives. Le groupe Paypal avait renoncé à un vaste projet d'investissement et une centaine de dirigeants de grandes entreprises, dont Apple ou Facebook, avaient protesté.

Au final, au-delà de l'image écornée de l'Etat, les arguments financiers ont emporté la décision d'en finir avec cette loi. Dans une étude publiée mardi, l'agence Associated Press a calculé que la loi ferait perdre à la Caroline du Nord 3,76 milliards de dollars sur 12 ans.

"Mauvais compromis"

Reste que cette loi laissera place à un "compromis" âprement négocié, les élus républicains majoritaires refusant une abrogation pure et simple. Les conservateurs ont obtenu que seul l'Etat puisse légiférer sur les transgenres jusqu'en 2020, empêchant les municipalités ou les autorités locales de prendre leurs propres mesures anti-discrimination.

Les associations de défense des transgenres et les militants LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) ont eux clairement affiché leur déception sur un "mauvais compromis". Le nouveau texte s'inscrit "dans le sens contraire de l'Histoire", a regretté l'organisation Human Rights Campaign.

ATS

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