La Chambre des représentants vote pour protéger le dalaï lama

A 85 ans, le dalaï lama a ralenti son rythme de déplacements et a été hospitalisé en avril pour une infection pulmonaire, mais il se veut rassurant sur son état de santé (archives). KEYSTONE/AP/ASHWINI BHATIA sda-ats
Ce contenu a été publié le 29 janvier 2020 - 14:33
(ATS)

La Chambre américaine des représentants a voté en faveur de sanctions contre des responsables chinois s'ils venaient à se mêler de la désignation du prochain dalaï lama. Cette décision a suscité mercredi "la vive indignation" de Pékin.

Le texte, voté mardi par les parlementaires américains, prévoit la possibilité pour Washington de geler les avoirs américains de tout responsable chinois cherchant à identifier et installer un dalaï lama approuvé par le gouvernement chinois après la mort du chef religieux, actuellement âgé de 85 ans. Ces responsables se verraient également interdire l'entrée sur le territoire américain.

Cette loi doit encore être approuvée au Sénat, où le leader de la majorité répubicaine Marco Rubio a promis de la soutenir. Elle devra ensuite être soumise à la signature du président Donald Trump.

Elle prévoit également d'interdire à la Chine toute nouvelle ouverture de consulat tant que les Etats-Unis n'auront pas reçu l'autorisation d'ouvrir une mission diplomatique à Lhassa, au Tibet.

"'Ingérence grossière"

Cette loi américaine "contrevient gravement au droit international et aux normes fondamentales des relations internationales, c'est une ingérence grossière dans les affaires intérieures de la Chine et un mauvais signal envoyé aux forces défendant 'l'indépendance du Tibet'", a réagi Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, citée mercredi dans un communiqué.

"La Chine exprime sa vive indignation et sa ferme opposition" et enjoint les Américains "à corriger immédiatement leurs erreurs et à cesser d'utiliser la question tibétaine pour s'ingérer dans les affaires intérieures chinoises", a-t-elle ajouté.

Les bouddhistes tibétains choisissent traditionnellement le dalaï lama à travers une quête rituelle, qui peut prendre plusieurs années, avec un comité itinérant qui recherche des signes qu'un jeune enfant puisse être la réincarnation du dernier chef spirituel.

Le charismatique 14e dalaï lama a ralenti son rythme de déplacements autrefois soutenu et a été hospitalisé en avril pour une infection pulmonaire, mais il se veut rassurant sur son état de santé.

Successeur choisi de son vivant

En exil en Inde depuis qu'il a fui le Tibet lors d'une insurrection ratée en 1959, il pourrait néanmoins décider d'un processus non traditionnel qui empêcherait la Chine d'avoir son mot à dire: il pourrait choisir lui-même, de son vivant, son successeur, peut-être une fille, ou décréter qu'il est le dernier dalaï lama.

Les militants tibétains comme Pékin savent que la mort de Tenzin Gyatso, le plus célèbre moine bouddhiste de la planète, pourrait porter un coup d'arrêt à la quête d'autonomie de la région himalayenne.

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