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La place financière de Londres a beaucoup à perdre avec le Brexit (archives).

KEYSTONE/EPA/WILL OLIVER

(sda-ats)

La place financière de Londres pourrait perdre jusqu'à 40'000 postes de banquiers d'affaires hautement rémunérés ces prochaines années, si Londres ne parvient pas à trouver un accord permettant de limiter l'impact de la décision des Britanniques de sortir de l'UE.

L'avertissement émane du cabinet de consultants Oliver Wyman, particulièrement actif dans le secteur bancaire. Les banques se préparent actuellement au pire des scénarios, celui dans lequel elles perdraient l'accès au marché unique européen depuis Londres une fois la sortie effective, soit après 2019.

De grandes banques d'investissement américaines comme Citigroup, Bank of America et Morgan Stanley mais aussi britanniques comme Barclays ont dit le mois dernier qu'elles mettaient la dernière main à des projets prévoyant d'établir des filiales au sein de l'Union européenne (UE).

"Les banques travaillent sur des mouvements 'sans regret' qui élargissent leurs possibilités sans accroître tellement les coûts d'une mise en oeuvre ou d'un abandon", a dit Matt Austen, chargé des activités de services financiers en Grande-Bretagne d'Oliver Wyman.

Première phase

"Une fois atteint le point où on met des éléments de bilan et du capital dans une entité, cela devient plus contraignant. L'économie reprend vraiment ses droits quand les banques commencent à déployer des ressources financières."

Ces premières initiatives pourraient se traduire par le déplacement de quelque 12'000 à 17'000 postes, mais avec des questions encore en suspens comme celle de la compensation, le nombre pourrait plus doubler à 40'000, estime Oliver Wyman.

Le cabinet de consultants avait déjà prévenu dans un rapport réalisé à la demande de l'organe de promotion de la City, TheCityUK, que 75'000 postes pourraient disparaître au sein du secteur financier au sens large, incluant l'assurance et les activités de gestion, en cas de perte du "passeport européen".

Le gouvernement britannique pourrait quant à lui subir un manque à gagner en termes de recettes fiscales allant jusqu'à 10 milliards de livres (près de 13 milliards de francs).

Retenue de mise

Pour l'heure, les banques font preuve de retenue dans la mise en oeuvre de projets impliquant potentiellement la relocalisation d'un nombre significatif de collaborateurs, préférant s'assurer qu'elles disposent du cadre opérationnel et légal qui permettrait de le faire si nécessaire, c'est-à-dire en l'absence d'un accord de sortie de la Grande-Bretagne favorable, ont dit des dirigeants de banque.

"La plupart essayent de minimiser les frais et les perturbations en relocalisant le plus petit nombre possible de collaborateurs dans un premier temps", a dit Oliver Wyman.

Les plus grandes banques internationales présentes à Londres ont jusqu'à présent dit qu'environ 9600 emplois pourraient être relocalisés sur le continent européen ces deux prochaines années, montrent des communiqués et des informations de sources sectorielles, ce qui représente à peine plus de 2% des effectifs totaux de la finance au sein de la City.

"Si on veut relocaliser avant mars 2019, on ne peut pas attendre au-delà de l'été prochain, peut-être avant cela", a dit Matt Austen.

Création coûteuse

Oliver Wyman estime que la création de nouvelles entités européennes impliquera la mobilisation de 30 à 50 milliards de dollars (jusqu'à 48 milliards de francs) de fonds propres supplémentaires, soit l'équivalent de 15% à 30% des fonds propres actuellement alloués par les grandes banques internationales au continent européen.

Les coûts liés à la duplication de services occasionnée par la mise en place de ces nouvelles filiales européennes comme dans les activités de contrôle des risques pourraient accroître de 2% à 4% la base de coûts annuelle, soit l'équivalent d'un milliard de dollars.

"Sachant que le rendement des fonds propres dans les banques d'investissement européennes est déjà sous la ligne de flottaison pour de nombreux acteurs, les nouveaux défis liés au Brexit vont soulever des questions difficiles sur la viabilité de certaines activités à moyen terme", prévient Oliver Wyman.

ATS