La collection du poète libanais Salah Stétié exposée en France

Selon la conservatrice du musée sétois, la réunion des deux univers des poètes constitue "une passerelle forte et symbolique entre les deux rives de la Méditerranée". KEYSTONE/AP/DAVID LANGFORD sda-ats

Une salle Salah Stétié est ouverte au public depuis dimanche au Musée Paul Valéry de Sète, dans le sud de la France. Une importante donation du poète libanais octogénaire, qui a souhaité ainsi "unir les deux rives de la Méditerranée", y est exposée.

"Paul Valéry et moi sommes tous les deux des poètes de la Méditerranée... une des régions les plus importantes dans les enjeux de la guerre et de la paix dans le monde", a souligné Salah Stétié, lors de la présentation de l'espace dédié à sa donation.

Ce nouveau fonds "fait écho" au sein du musée à celui du poète et philosophe français Paul Valéry (1871-1945), originaire de Sète, a estimé Maïthé Vallès-Bled, conservatrice du musée. Selon elle, la réunion des deux univers des poètes constitue "une passerelle forte et symbolique entre les deux rives de la Méditerranée".

Résonances entre les oeuvres

Le visiteur est accueilli dans la salle par une citation de Salah Stétié: "L'Homme est fait de la matière de l'arc-en-ciel. Il est couleur". Les oeuvres exposées, qui changeront tous les six mois, permettent de mesurer le compagnonnage noué dès 1948 par le poète avec des artistes tels que le Belge Pierre Alechinsky, les Français Jean Anguera et Jean-Paul Agosti ou le Catalan Antoni Tàpies.

Ainsi un portrait du poète libanais par Saliba Douaïhy en 1949 entre en résonance avec celui que Pierre Alechinsky trace à l'encre en 1997. Le "Jardin Lumineux" d'Agosti contraste avec la "Force Bleue" d'Anne Pourny ou le "Chemin de nulle part" de Jean Anguera, dressant le portrait intime d'un passeur de culture.

La donation au musée Paul Valéry réunit 70 oeuvres (peintures, dessins, photographies, sculptures), 14 manuscrits et quelque 190 livres réalisés en collaboration avec des artistes.

Grand Prix de la Francophonie

Né dans une vieille famille de la bourgeoisie sunnite, le 28 décembre 1929, à Beyrouth, à l'époque du protectorat français sur le Liban, Salah Stétié, dont le père était poète en langue arabe, a choisi d'écrire en français. Resté viscéralement attaché au Liban, qui demeure la source essentielle de son imaginaire poétique, il est aussi l'auteur d'essais, de traductions de poètes arabes ou encore de textes sur l'art.

Salah Stétié, qui a mené parallèlement une carrière diplomatique, a reçu le Grand Prix de la Francophonie décerné par l'Académie française en 1995 pour l'ensemble de son oeuvre. Il a été lié à un grand nombre d'écrivains du XXe siècle, dont Pierre Jean Jouve, Henri Michaux, René Char ou Yves Bonnefoy.

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