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L'ambassadeur américain auprès de la Conférence du désarmement Robert Wood a quitté la salle dès le premier discours de la présidence syrienne de l'enceinte.

KEYSTONE/EPA KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

La présidence de la Syrie, responsable d'utilisation d'armes chimiques, à la Conférence du désarmement (CD) provoque déjà des perturbations. Les Etats-Unis ont quitté mardi la salle et vont boycotter les nouveaux organes qui doivent faire avancer les discussions.

Dans son premier discours en plénière, l'ambassadeur syrien a dit vouloir faire preuve d'une approche "constructive". Mais plusieurs pays, Etats-Unis et Grande-Bretagne en tête, dénoncent depuis plusieurs semaines le manque de "crédibilité" et d'"autorité morale" de cet Etat pour piloter un organe sur le désarmement.

Alors que des investigations internationales ont confirmé des violations par cet Etat de la Convention contre les armes chimiques à au moins quatre reprises. La Syrie a elle toujours démenti et affirmé avoir détruit son stock.

Mardi matin, l'ambassadeur américain Robert Wood a quitté la salle dès que son homologue a pris la parole. Il ne va toutefois pas boycotter les séances plénières. "Nous voulons y participer pour bloquer" toute initiative syrienne qui serait contraire aux intérêts américains, a-t-il dit devant la presse. "Cette présidence n'est pas normale".

Syrie soutenue par la Russie

Face aux Etats membres, M. Wood a dénoncé "un jour triste et honteux" pour la CD, avant de quitter à nouveau son siège. Les Etats-Unis ne prendront pas part aux réunions des cinq organes subsidiaires adoptés sous présidence suisse pour tenter de débloquer une enceinte verrouillée depuis plus de 20 ans. Une action qui n'aura pas d'impact important sur le contenu des discussions, a dit l'ambassadeur.

Parmi les autres réactions, son homologue israélienne Aviva Raz Shechter a également quitté la salle après son discours pendant lequel elle a ciblé une situation "inacceptable". "Nous ne pouvons pas légitimer" le régime syrien en guerre, a-t-elle ajouté. La France ne sera pas représentée par son ambassadrice et la Grande-Bretagne ne participera pas à toutes les réunions.

Seuls les alliés de la Syrie ont tenté de soutenir cette présidence. Parmi eux, la Russie a appelé à éviter "les prises de position politisées" sur des affaires régionales qui ne seront pas résolues à la CD.

Pas d'influence de l'ONU

La Syrie a elle succédé à la Suisse à la tête de cet organe dans l'ordre alphabétique. La semaine dernière à Genève, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait affirmé n'avoir "aucune influence" sur cette question. La CD n'est pas formellement un organe de l'ONU qui en assure toutefois le secrétariat.

En mars, les membres avaient décidé de lancer cinq organes subsidiaires. La CD négocie sur le désarmement nucléaire, la prévention d'un conflit nucléaire, celle d'une course aux armements spatiaux et la garantie du non-emploi de l'arme nucléaire.

Chacune de ces questions fait l'objet de l'un de ces nouveaux organes. Le cinquième porte sur les nouveaux types d'armes dangereux pour la sécurité internationale ou sur le programme global de désarmement.

La CD a souvent été l'objet d'affrontements, récemment sur la péninsule coréenne ou sur les armes chimiques. Le fonctionnement par consensus de cette enceinte rend plus difficile l'adoption de décisions.

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ATS