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Le missile Musudan est théoriquement conçu pour parcourir 2500 à 4000 kilomètres. Il est donc capable d'atteindre n'importe quelle partie du Japon ainsi que le territoire américain de Guam, dans le Pacifique (archives).

KEYSTONE/EPA YONHAP/KCNA

(sda-ats)

La Corée du Nord a tiré mercredi deux puissants missiles à moyenne portée. Ces engins semblent avoir volé sur des distances nettement plus importantes que lors de précédents lancements infructueux. Washington, Tokyo et Séoul ont condamné ces tirs.

Les engins seraient des missiles Musudan. Cet engin aurait une portée de 2500 à 4000 kilomètres, ce qui lui permettrait d'atteindre la Corée du Sud et le Japon mais également, dans l'hypothèse la plus haute, les bases américaines de l'île de Guam, dans le Pacifique.

Le premier engin a vraisemblablement volé sur 150 kilomètres au-dessus de la mer du Japon avant de se désintégrer. Le second a, lui, parcouru environ 400 kilomètres et, surtout, a atteint une altitude de 1000 mètres, signes des progrès enregistrés par le programme balistique nord-coréen.

"La menace contre le Japon s'intensifie", a commenté le ministre japonais de la Défense, Gen Nakatani. Quatre Musudan tirés cette année ont explosé sur le pas de tir ou peu après leur lancement. Un tir réussi représenterait une avancée considérable pour les programmes militaires de Pyongyang, qui aspire à se doter d'une force de frappe nucléaire capable d'atteindre le continent américain.

Tir réussi

Selon Jeffrey Lewis, chercheur auprès de l'Institut d'études international de Middlebury, en Californie, l'angle de tir du second essai de mercredi suggère que le missile a "parfaitement fonctionné".

Habituellement, on utilise un angle de tir moins ouvert pour maximiser la portée. "S'il avait été tiré avec un angle de tir normal, il aurait parcouru sa distance maximale", poursuit-il.

L'expert rappelle que les échecs font partie intégrante d'un processus d'essais. Il estime que la Corée du Nord finira tôt ou tard par résoudre les défauts du Musudan.

Condamnations internationales

Les condamnations internationales n'ont pas tardé. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a jugé que ce genre d'essais était "intolérable", selon la télévision NHK. Gen Natakani a de son côté dénoncé une "grave provocation" qui ne peut être tolérée.

"Le régime nord-coréen devrait comprendre qu'un isolement total et l'autodestruction l'attendent au bout de ses provocations irresponsables", a condamné pour sa part la présidente sud-coréenne Park Geun-hye, qui a convoqué son conseil de sécurité nationale.

La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a noté que la situation demeurait "très complexe et grave". "Nous pensons que la partie concernée doit tout faire pour éviter d'aggraver davantage les tensions", a-t-elle ajouté.

Sanctions

Son homologue américain John Kirby a pour sa part déclaré que ces derniers tirs ne feraient qu'accélérer les efforts de la communauté internationale pour mettre en échec le programme d'armement illicite de Pyongyang. Washington va "faire part de (ses) préoccupations à l'ONU afin de renforcer la détermination internationale pour que la Corée du Nord rende des comptes pour ces actions provocatrices".

L'ingénieur allemand Markus Schiller, qui se penche depuis longtemps sur le programme balistique nord-coréen, a toutefois averti que les informations sur le Musudan étaient souvent spéculatives et qu'il ne fallait pas tirer de conclusions trop hâtives. "On en sait même pas si ce sont bien des missiles Musudan qui ont été lancés". Les missiles Rodong peuvent voler sur des trajectoires similaires.

Le climat s'est considérablement dégradé sur la péninsule depuis le quatrième essai nucléaire nord-coréen du 6 janvier, suivi le 7 février par le lancement d'une fusée, largement considéré comme un essai déguisé de missile longue portée. Le conseil de sécurité de l'ONU avait réagi en adoptant les sanctions les plus lourdes jamais infligées à Pyongyang.

ATS