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La crise des déchets s'est aggravée dimanche à Beyrouth où des affrontements ont à nouveau éclaté entre policiers et un groupe de manifestants. Ils ont fait plus de 70 blessés et accentué la pression sur un gouvernement libanais paralysé par de profondes divisions.

Au lendemain de heurts ayant fait au moins 16 blessés parmi les manifestants et les forces de sécurité selon la Croix-Rouge, de nouvelles violences ont eu lieu en fin de journée lors d'un rassemblement dénonçant l'impéritie du gouvernement à trouver une issue à la crise des ordures ménagères. Elles envahissent les rues depuis des semaines.

Selon la Croix-Rouge, 43 manifestants ont été blessés et hospitalisés pour suffocation ou fractures. Deux cents autres ont été incommodés et pris en charge sur place. Par ailleurs, 30 membres des forces de l'ordre ont été blessés, dont un grièvement, selon une source de sécurité.

Le rassemblement était à nouveau organisé à l'appel du mouvement citoyen "Vous puez". Il s'est désolidarisé des violences et a insisté sur le caractère pacifique de la protestation.

Riposte policière

Les violences ont été déclenchées par quelque 200 jeunes, dont certains avaient le visage couvert. Ils ont jeté des projectiles - pierres et bouteilles remplies de sable - sur les forces de l'ordre et tenté de retirer les barbelés derrière lesquels étaient massés les policiers. Certains ont mis le feu à une moto et essayé de constituer une mini-barricade avec des tables et panneaux en bois.

La police a alors fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes. Des tirs ont également été entendus. "Nous n'avons rien à faire avec ce groupe. Nous nous sommes retirés de la place Riad al-Solh où ont lieu les affrontements pour aller place des Martyrs afin de montrer que nous n'avons rien à voir avec cette violence", a affirmé un porte-parole des manifestants, Joey Ayoub.

Appel du Premier ministre

Dans l'après-midi, des milliers de personnes, des jeunes en majorité, s'étaient ainsi réunies dans une atmosphère bon enfant près du Sérail, le siège du Premier ministre. Des gens de tous milieux et de toutes confessions scandaient notamment "Liberté" ou "Le peuple veut la chute du régime", mot d'ordre associé aux manifestations du début de la révolution en Syrie en 2011.

En première ligne dans cette crise, le Premier ministre Tammam Salam a appelé, plus tôt dimanche, au calme et tendu la main aux manifestants. "Je suis disposé à vous écouter et à m'asseoir avec vous", avait-il lancé lors d'une conférence de presse.

Force excessive

M. Salam a reconnu que le problème des ordures était la goutte d'eau ayant fait déborder la colère de l'opinion. "Mais la question est beaucoup plus importante que cette goutte d'eau. C'est la question des ordures politiques dans ce pays", a lancé le Premier ministre considéré comme un modéré adepte du compromis.

Il a appelé le Conseil des ministres à se réunir rapidement pour trouver une solution à la crise, dénonçant les divisions politiques paralysant les institutions.

M. Salam a par ailleurs estimé qu'une "force excessive contre la société civile et contre le peuple" avait été employée pour disperser la manifestation de samedi. "Nous ne pouvons pas laisser passer les événements d'hier sans punition", a-t-il ajouté.

ATS