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Depuis l'imposition de l'état d'urgence en Turquie, au lendemain du putsch manqué il y a un an, plus de 50'000 personnes ont été arrêtées et incarcérées. Environ 150'000 ont été licenciées ou suspendues de leurs fonctions.

KEYSTONE/EPA PRESIDENTIAL PRESS OFFICE HANDOUT

(sda-ats)

Amnesty International a vivement protesté mardi après l'annonce du maintien en détention provisoire de sa directrice pour la Turquie et de cinq autres militants des droits humains. Elle a fustigé une décision politiquement motivée.

La directrice d'AI pour la Turquie, Idil Eser, fait partie d'un groupe de dix militants, parmi lesquels figurent un Allemand et un Suédois, arrêtés le 5 juillet dernier dans le cadre de la répression menée en Turquie depuis le coup d'Etat manqué de juillet 2016.

Ils ont été interpellés alors qu'ils participaient à un atelier sur la sécurité numérique et la gestion de l'information dans un hôtel près d'Istanbul.

Berlin condamne

La chancelière Angela Merkel a jugé mardi le maintien en détention d'un militant allemand des droits de l'homme arrêté en Turquie "absolument injustifié".

"Accuser un symbole et porte-parole des droits de l'Homme et de la démocratie d'être un partisan du terrorisme est absurde", a renchéri une porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, appelant à sa "libération rapide".

Le gouvernement turc est en train de "dissoudre la démocratie et l'Etat de droit", a réagi pour sa part le président des sociaux-démocrates allemands, Martin Schulz, dans l'hebdomadaire Der Spiegel, tout en reprochant à la chancelière Angela Merkel de "rester silencieuse" face aux agissements de la Turquie.

En Suisse, le Groupe parlementaire pour les Droits humains a pour sa part, dans un communiqué diffusé mardi, demandé la libération immédiate et inconditionnelle de ces militants. "Le Conseil fédéral doit maintenant exercer une plus grande pression sur Ankara", a-t-il ajouté.

Quatre militants libérés

Le ministère public avait requis lundi leur maintien en détention dans l'attente de leur procès. Selon Andrew Gardner, chercheur spécialiste de la Turquie à Amnesty, "ils sont accusés de commettre un crime au nom d'une organisation terroriste, sans en faire partie". Il a qualifié la décision de "choquant simulacre de justice".

L'expression "organisation terroriste" désigne le plus souvent pour les autorités turques les partisans du prédicateur Fethullah Gülen, accusé d'avoir fomenté le putsch manqué de 15 juillet 2016, ou les séparatistes kurdes du PKK.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet pour six des cas et ordonné la libération de quatre militants, a annoncé le quotidien Hurriyet.

"Après cette décision, aucun de ceux qui défendent les droits humains en Turquie, que ce soit Amnesty International ou d'autres organisations, n'est en sécurité dans ce pays", a résumé Andrew Gardner.

"Chasse aux sorcières"

"Le parquet turc a eu 12 jours pour établir l'évidence : que ces dix militants sont innocents. La décision de poursuivre montre que la vérité et la justice sont devenues de parfaites étrangères en Turquie", a déclaré de son côté le secrétaire général de l'organisation basée à Londres, l'Indien Salil Shetty.

"Ce n'est pas une enquête valable. C'est une chasse aux sorcières politiquement motivée qui dessine un avenir alarmant pour les droits humains en Turquie", a-t-il ajouté.

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ATS