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L'ensemble des centrales françaises ont "un niveau de sûreté suffisant" pour exclure leur arrêt immédiat. Mais il est indispensable d'investir des milliards d'euros pour augmenter dès que possible leur "robustesse", a jugé mardi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L'ASN, qui a remis dans la matinée au premier ministre l'audit de sûreté demandé après la catastrophe de Fukushima du 11 mars dernier, a donné six mois aux exploitants de centrales pour lui présenter les mesures prévues en cas de catastrophe.

Maintenir la sûreté

Le but est notamment de maintenir la sûreté des installations en cas de catastrophe majeure, de "limiter les rejets massifs dans un scénario d'accident" et de "permettre à l'exploitant d'assurer les missions qui lui incombent dans la gestion d'une crise".

Une sécurité qui aura un coût important pour les producteurs et qui devrait se répercuter sur le prix de l'électricité: "nous imposons des mesures qui se traduisent par des investissements massifs. Si des exploitants (...) jugent que ce qu'on demande est tellement onéreux, à eux de voir si l'exploitation en vaut encore la peine", a relevé le président de l'ASN, André-Claude Lacoste.

Doutes sur Fessenheim

Après l'accident de Fukushima, le cas de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne de France et proche de la Suisse - entrée en service en 1977 - avait cristallisé la polémique sur la sécurité nucléaire.

Interrogé mardi sur la centrale alsacienne, M. Lacoste a expliqué qu'il n'y avait "pas de demandes spécifiques" pour elle au-delà de celles déjà préconisées à l'issue de la visite décennale.

En juillet dernier, l'ASN avait estimé que l'exploitation du réacteur numéro 1 de cette centrale pouvait continuer dix années supplémentaires sous réserve de lourds travaux.

Pour l'organisation anti-nucléaire "Observatoire du nucléaire", cet audit de sûreté n'est qu'un "subterfuge au résultat déjà connu": l'ASN ne préconise aucune fermeture "malgré la dangerosité évidente de toutes les centrales".

ATS