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Le retour de la Grèce sur les marchés est un "moment charnière", a affirmé le commissaire européen Pierre Moscovici (à droite) à l'issue d'une rencontre avec le premier ministre Alexis Tsipras (à gauche).

KEYSTONE/EPA ANA-MPA/SIMELA PANTZARTZI

(sda-ats)

La Grèce d'Alexis Tsipras a réussi mardi son retour sur le marché obligataire en levant trois milliards d'euros à cinq ans avec un taux de rendement inférieur à celui obtenu par le précédent gouvernement, "un succès absolu", s'est félicité le gouvernement.

Ce taux d'emprunt s'est établi à 4,625%, plus bas que les 4,95% de l'obligation émise en avril 2014 par l'ancien gouvernement de coalition conservateurs-socialistes d'Antonis Samaras.

Ce retour "a été couronné d'un succès absolu", s'est félicité le gouvernement dans un communiqué, en soulignant que les taux sont "nettement inférieurs à ceux de la dernière émission". Plus sobrement, le ministre des Finances Euclide Tsakalotos a qualifié de "satisfaisante" l'émission, y voyant la preuve de "la confiance" revenue dans l'économie grecque.

Après une longue absence des marchés, et servie par une série d'indices économiques encourageants, et la bienveillance des créanciers du pays, UE et FMI, la Grèce a émis cette obligation assortie d'un coupon annuel de 4,375%, a annoncé à l'AFP Frédéric Gabizon, qui a piloté l'opération pour la banque HSBC, dans le cadre d'une syndication. Le précédent coupon était à 4,75%.

La demande pour cet emprunt, qui combinait à la fois l'émission de nouveaux titres et une opération d'échange de celui à cinq ans émis en 2014, a atteint au total 6,5 milliards d'euros (7,1 milliards de francs), a précisé M. Gabizon.

Test de confiance

L'émission de 2014, réalisée dans des conditions différentes, avait cependant connu un plus vif engouement, en attirant huit fois plus de demande que l'offre, trois milliards également.

En prélude à cette émission, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, en visite à Athènes, s'était dit "convaincu" que le pays pouvait commencer à se refinancer de manière indépendante "à un taux raisonnable".

L'opération de mardi avait été qualifiée également de "test de confiance" par Athènes. Le pays n'a pas besoin actuellement de telles opérations puisqu'il bénéficie jusqu'en août 2018 de prêts internationaux à taux plus avantageux dans le cadre de son programme d'aide.

Chute de popularité

Au pouvoir depuis janvier 2015, le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras espère profiter de ce retour sur les marchés, pour faire monter la popularité de son parti Syriza, deux ans exactement après que la Grèce eut failli être éjectée de la zone euro.

M. Tsipras a subi en effet une dégringolade importante dans les sondages ces deux dernières années, en raison de la poursuite de l'austérité, dictée par les créanciers du pays.

L'accès aux marchés est important à la fois pour le pays endetté mais aussi pour ses créanciers, principalement la zone euro, qui a assisté la Grèce aux côtés du FMI depuis 2010, à travers trois plans d'aide successifs pour parer au risque d'écroulement de la monnaie unique.

Il s'agit d'un "moment charnière", a indiqué mardi M. Moscovici, à l'issue d'une rencontre avec M. Tsipras et d'autres dirigeants et responsables grecs.

Tourner la page

M. Tsipras a considéré ce retour comme "un tournant important pour l'achèvement du programme grec et la sortie définitive de la crise". M. Moscovici a souligné "les développements importants et très positifs" pour la Grèce ces derniers mois.

Notamment de meilleurs chiffres macroéconomiques, l'accord donné la semaine dernière par le FMI pour participer au programme grec après deux ans de réticence ainsi que la fin de la procédure de déficit excessif.

Les prévisions pour 2017 sont encourageantes: 2% d'excédent et une croissance à 2,1%, selon les prévisions de la Commission. La Grèce a "les moyens actuellement de tourner la page (...), il est grand temps de fermer le long chapitre d'austérité", qui a coûté tant "de sacrifices" aux Grecs, a assuré M. Moscovici.

A condition, a-t-il insisté à plusieurs reprises, de conclure "avec sérieux" la dernière année du programme, consistant à la mise en oeuvre concrète des mesures votées.

ATS