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Même en Europe, la liberté de la presse a pâti de l'avènement de nouveaux "hommes forts", comme Viktor Orban en Hongrie (archives).

KEYSTONE/AP/SHAKH AIVAZOV

(sda-ats)

La liberté de la presse dans les grandes démocraties continue de s'éroder, dénonce Reporters sans frontières (RSF). En cause: l'obsession de la surveillance et une tendance croissante au non-respect des sources. RSF met en garde contre un basculement de la situation.

Plusieurs Etats longtemps considérés comme vertueux ont reculé dans le classement mondial 2017 publié mercredi par l'organisation de défense de la liberté d'information basée à Paris, à l'instar des Etats-Unis (43e sur 180, -2), du Royaume-Uni (40e, -2) ou de la Nouvelle-Zélande (13e, -8).

L'arrivée au pouvoir de Donald Trump et la campagne du Brexit "ont offert une caisse de résonance au 'médias bashing' (dénigrement des médias, ndlr), aux discours anti-médias fortement toxiques, et fait entrer le monde dans l'ère de la post-vérité, de la désinformation et des fausses nouvelles" ("fake news"), écrit RSF dans un communiqué.

De la Norvège à la Corée du Nord

Dans d'autres pays, la liberté de la presse a pâti de l'avènement de nouveaux "hommes forts": la Pologne de Jaroslaw Kaczynski (54e, -7), la Hongrie de Viktor Orban (71e, -4) ou la Tanzanie de John Magufuli (83e, -12).

Quant à la Turquie (155e, -4) de l'après-coup d'Etat manqué contre Recep Tayyip Erdogan, elle "résolument basculé du côté des régimes autoritaires" et est devenue la plus grande prison au monde pour les professionnels des médias, dénonce RSF. La Russie de Vladimir Poutine n'a pas bougé de sa 148e place.

Le Nicaragua a connu la chute la plus spectaculaire, passant du 75e au 92e rang, notamment en raison de la réélection controversée du président Daniel Ortega.

Alors que la Norvège coiffe au poteau la Finlande pour occuper le premier rang, la toute fin du classement connaît aussi un changement: pour la première fois depuis 2007, l'Erythrée (179e) a cédé la lanterne rouge à la Corée du Nord. Le pays de la Corne de l'Afrique a en effet autorisé l'accès à des équipes de médias étrangers, certes étroitement surveillées, explique RSF.

Aussi en queue de peloton: le Turkménistan (178e), la Syrie (177e), la Chine (176e), le Vietnam (175e) le Soudan (174e) Cuba (173e), Djibouti (172e) et la Guinée équatoriale (171e). Le classement 2017 prend en compte les violations commises entre le 1er janvier et le 31 décembre 2016.

L'espoir en Colombie et en Gambie

Pour RSF, deux pays amorcent une réelle remontée dans ce classement et sont "porteurs d'espoir": la Colombie (129e, +5), où l'accord de paix historique avec la guérilla des FARC a mis fin à un long conflit "source de censure et de violences contre la presse". Pour la première fois depuis sept ans, aucun journaliste n'a été tué l'an dernier dans ce pays d'Amérique latine.

Et la Gambie (143e, +2), débarrassée depuis peu du président autocrate Yahya Jammeh, envisage de réformer une législation très stricte sur la presse. Enfin malgré une dégradation globale, l'Europe reste la région du monde où les médias sont les plus libres, souligne RSF.

Quelques nuages dans le ciel suisse

Restée stable au 7e rang, la Suisse est considérée comme jouissant d'une situation sûre et stable, estime RSF Suisse. Mais le classement 2017 a été établi avant la disparition de L'Hebdo et de la Schweiz am Sonntag, et avant les restructurations qui ont touché notamment Le Temps.

L'organisation salue aussi le soutien de la Suisse à la création d'un mandat de représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la sécurité des journalistes, soutien confirmé il y a deux semaines par le conseiller fédéral Didier Burkhalter.

L'organisation cite néanmoins quelques sources d'inquiétude: situation financière précaire des titres, concentration de la propriété des médias ou faible soutien au journalisme d'investigation. Enfin, l'application de la loi sur la transparence n'est pas satisfaisante aux yeux des défenseurs de la liberté des médias.

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ATS