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La pêche dans une mauvaise phase sur le lac de Neuchâtel

Malgré une baisse romande, l'état de la pêche est plus favorable sur le Léman que le lac de Neuchâtel.

KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD

(sda-ats)

La pêche a subi une diminution claire de ses tonnages en 2017, dans le lac Léman et en particulier celui de Neuchâtel. Pour l'année en cours, la situation ne semble pas s'améliorer. Certains pêcheurs se disent en difficulté.

Le résultat de la pêche affiche un recul net dans les deux grands lacs romands par rapport à 2016, de 19,1% en moins sur le Léman pour environ 30% sur le lac de Neuchâtel, où le tonnage total est passé de près de 369 à 259 tonnes de poisson pêché.

La diminution du corégone, aussi appelée féra, accuse 35,3% sur le Léman et 37,8% sur le lac de Neuchâtel. C'est le poisson le plus pêché dans les deux lacs.

Pour l'année en cours, la situation ne semble pas s'arranger. Selon l'Association suisse romande des pêcheurs professionnels (ASRPP), contactée mercredi par Keystone-ATS, "depuis le début de l’année, les pêcheurs professionnels du lac de Neuchâtel relèvent bien souvent des filets vides". Elle se dit inquiète des constats faits au quotidien par ceux-ci.

Sentinelles des lacs

Une impression confirmée par Jean-Philippe Arm, pêcheur professionnel depuis 20 ans à St-Aubin-Sauges, sur le lac de Neuchâtel: "Actuellement, nous vivons notre plus mauvaise année de pêche. Les quantités ne sont pas au niveau habituel. Pour ma part, les rendements pour 2018 se situent entre 15-25 % de ce que nous avons habituellement."

Il l'explique de plusieurs raisons, par exemple par le manque de sédiments, retenus en station d'épuration, ou encore par les variations de température trop faibles. "Nous ne savons pas exactement ce qui explique cette diminution", nuance l'ASRPP.

Elle indique que des études scientifiques sont effectuées, mais que le sujet est très complexe et comprend beaucoup de variables à traiter. "Les pêcheurs ont leurs propres explications mais ne peuvent pas les démontrer et se sentent parfois mis de côté. Ce sont les sentinelles de nos lacs", relève une porte-parole de l'association.

Pêcheurs en difficulté

L'ASRPP indique également que la situation semble pire en Suisse alémanique. En Suisse romande, beaucoup de pêcheurs ont un autre revenu ou songent à arrêter. L'association reconnaît qu'un vrai travail politique doit être effectué sur la question.

Certains pêcheurs accusent sérieusement le coup. Jean-Philippe Arm explique avoir dû licencier du personnel dans son entreprise. Il travaille désormais seul, mais les difficultés continuent. "Il y a des jours où je ne vais même pas travailler, ça coûte plus cher que ça ne rapporte."

Il déclare cependant aimer son travail. "Je me sens indépendant et ma réussite est totale du moment que je contente mes clients, privés ou restaurateurs. Mais on ne peut plus leur garantir de poisson pour le lendemain. Il faut que ça change ou il va falloir changer de métier."

Situation stable sur le Léman

Sur le lac Léman, les choses semblent moins difficiles. Henri-Daniel Champier, pêcheur professionnel depuis 40 ans à Clarens (VD), explique: "Les choses ne vont pas si mal. Il faut s'adapter, se concentrer sur plusieurs poissons, aller sur les marchés. Je fume mes féras pour faire prendre de la valeur au poisson, par exemple."

Selon lui, la baisse de la pêche sur le Léman n'est pas imputable à la quantité de poissons, mais plutôt à la limitation des permis de pêche professionnels effectuée par les cantons. Et de préciser: "Ces dernières années, les quantités de féra dans le lac dépassaient la norme."

Repeuplement lacustre

Pour le lac Léman comme celui de Neuchâtel, le repeuplement des différentes espèces est suivi de près. Chaque année, des millions d'alevins (jeunes poissons) ou d'oeufs embryonnés sont ainsi déversés à des endroits stratégiques des deux lacs.

La Commission internationale de la pêche dans le Léman a ainsi annoncé mercredi que plusieurs millions d'alevins issus de piscicultures lémaniques ont déjà été déversés en 2017 et 2018 dans le lac.

L'ASRPP est aussi en recherche d'autres solutions. Elle est par exemple en contact avec le canton de Vaud, l'Ecole hôtelière de Lausanne et la Maison de la Rivière à Tolochenaz (VD) sur un projet prévu en 2019 destiné à valoriser des espèces de poissons moins communes, mais qui "gagnent à être connues des consommateurs et du monde de la restauration".

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