Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Le jugement sera rendu vendredi à 10h00.

KEYSTONE/WALTER BIERI

(sda-ats)

La prison à perpétuité et l'internement à vie: tel est le réquisitoire de la procureure contre le quadruple meurtrier de Rupperswil (AG). Elle réclame une condamnation du Suisse de 34 ans pour assassinats et actes d'ordre sexuel avec enfant, notamment.

Devant le Tribunal de district de Lenzburg (AG), réuni à Schafisheim (AG), la représentante du Ministère public a demandé mercredi l'internement à vie du prévenu, même si l'une des principales conditions d'une telle décision n'est pas donnée: la loi exige que deux experts psychiatriques déclarent, indépendamment l'un de l'autre, l'accusé durablement incurable.

Tel n'a pas été le cas mardi au premier jour du procès. Les deux experts ont en effet considéré que le prévenu pouvait être soigné, tout en admettant qu'une guérison n'était pas garantie. Un tel traitement durerait au moins cinq, voire dix ans.

Internement simple, au pire

La possibilité de soigner un condamné ne doit être accordée que s'il existe des troubles psychiques, a souligné la procureure. Or, les assassinats ne sont, en l'occurrence, pas dus à un trouble psychique soignable, estime-t-elle. Du moins, les deux experts ne s'accordent pas sur ce point. L'accusé ne peut donc pas être déclaré soignable, selon elle.

En tout état de cause, l'internement du prévenu est clairement indiqué, que cette mesure soit prise à vie ou non, affirme la procureure. La peine de prison à perpétuité ne suffit pas. Le risque serait grand de voir le meurtrier en sortir de manière conditionnelle après 15 ans.

De toute évidence, il s'agit bien d'un quadruple assassinat, souligne la procureure. Peu importe les circonstances et les causes qui ont amené le prévenu à agir, ce dernier a planifié minutieusement son acte. Le Ministère public demande aussi que les chefs d'accusation de contrainte, de prise d'otages et d'acte sexuel avec enfant soient retenus contre le trentenaire, parmi d'autres.

Deux autres familles visées

Le 21 décembre 2015 à Rupperswil, le prévenu a égorgé une mère de famille de 48 ans, ses deux fils de 19 et 13 ans ainsi que la petite amie (21 ans) de l'aîné au domicile familial. Avant cela, il a abusé sexuellement du fils cadet. Entré dans leur maison sous un prétexte, il y a bouté le feu avant d'en sortir.

Selon l'acte d'accusation, le prévenu préparait un coup similaire lorsqu'il a été arrêté en mai 2016. ll avait recommencé à chercher sur Internet des garçons du même âge que celui dont il avait abusé. Il faisait des recherches sur deux familles dans les cantons de Berne et de Soleure. Son matériel criminel était prêt à l'emploi, couteau excepté.

Excuses aux proches

Mercredi soir, l'accusé a présenté ses excuses aux proches des victimes, se désignant comme le seul coupable. Il a rejeté l'idée selon laquelle les victimes auraient, par leur comportement, influé sur le cours des événements.

Auparavant, son avocate a réfuté le caractère totalement planifié du crime. S'il avait un plan grossier en tête, son client ne portait pas de gants et n'était pas masqué. Il s'agit d'abord d'un délit sexuel commis sous couvert de brigandage, dans l'attente secrète que la police vienne l'arrêter avant qu'il ne passe à l'acte, puis ne tue ses victimes.

En outre, l'accusé ne s'attendait pas à ce que ses victimes se montrent aussi coopératives, selon son avocate, en se ligotant les uns les autres et, dans le cas de la mère, en allant retirer de l'argent sans avertir la police. Lorsqu'une voisine est venue sonner à la porte, il pensait que la police arriverait bientôt.

Face à l'attitude de la famille, il lui semblait plus facile de poursuivre dans sa voie criminelle que d'y mettre un terme et de se rendre, déclare l'avocate en citant le prévenu. Cette logique confirmerait la thèse du trouble narcissique et de son impact sur le crime.

La spirale meurtrière ne se serait enclenchée que lorsqu'il a été confronté au fils aîné qui s'était défait de ses liens. L'accusé n'a pas tué par plaisir, mais pour cacher les actes qu'il venait de commettre.

Trouble narcissique soignable

L'avocate de la défense a donc demandé à la Cour d'éviter l'internement à son client, le trouble narcissique n'étant pas incurable. Elle a demandé que sa peine ne dépasse pas 18 ans et soit assortie d'une thérapie psychiatrique ambulatoire en milieu carcéral.

Accusant les autorités d'avoir mené une campagne condamnant son client à l'avance, la défense y a opposé la bonne collaboration de l'accusé avec la police: il aurait avoué l'abus sexuel de lui-même, avant que les enquêteurs ne puissent le découvrir. Il a aussi adressé une lettre d'excuses aux proches des victimes.

Exigences des proches

Avant la défense, les avocats des proches des victimes ont demandé la même sentence que le Ministère public. Ils ont aussi présenté leurs exigences en matière d'indemnités et de réparation pour tort moral. Au total, ils réclament 754'000 francs à ce titre, dont 300'000 francs exigés par l'avocat de la famille de la petite amie de l'aîné.

Une grande partie de ces sommes sera sans doute versée par l'Aide aux victimes, le prévenu n'en ayant pas les moyens. Le jugement est attendu vendredi à 10h00.

Neuer Inhalt

Horizontal Line


Rejoignez notre page Facebook en français!

subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.









ATS