Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

La Plage a un immense succès populaire et une excellente réputation artistique, mais reçoit bien moins d'aide cantonale que d'autres festivals en Suisse romande (archives).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

La Plage des Six Pompes est à la fois au sommet de la vague et au bord de l'abîme, selon ses organisateurs. Le festival des arts de la rue à La Chaux-de-Fonds est un des plus grands du monde, mais ses coûts augmentent alors que ses subventions stagnent ou diminuent.

Des membres du comité ont voulu sensibiliser les députés mardi avant la session du Grand Conseil neuchâtelois. Dans la cour du château, ils ont distribué 120 exemplaires de leur jeu de société Le Pavé de La Plage, accompagnés d'une description de leur situation délicate.

La Plage a accueilli l'an dernier quelque 100'000 spectateurs et 50 compagnies sur sept jours, avec l'aide de 500 bénévoles. Il n'y a pas d'entrée payante: en 2015, le public a versé globalement 100'000 francs dans les chapeaux tendus lors des spectacles.

Aide cantonale faible

La manifestation a un budget de 750'000 francs. Elle reçoit un soutien communal de 58'000 francs, auxquels s'ajoutent 150'000 francs sous forme de prestations offertes.

Le soutien cantonal n'atteint en revanche que 10'000 francs et une garantie de déficit de 10'000 francs en cas de pluie. A titre de comparaison, le festival de La Bâtie à Genève (40'000 spectateurs) reçoit 500'000 francs de subvention cantonale, et celui de La Cité à Lausanne (60'000 spectateurs) reçoit 200'000 francs.

Dans le cadre de la politique culturelle 2016-2020, les autorités du canton de Neuchâtel ont décrit les critères auxquels devront répondre les projets pour prétendre à un soutien significatif: diversification des publics, médiation, professionnalisation et excellence. La Plage y répond pleinement, relèvent les organisateurs.

Taille critique

La manifestation joue un rôle important pour la création artistique, mais aussi en tant que rassemblement populaire, soulignent les organisateurs. "La population s'est retrouvée en masse dans un esprit apaisé après les temps difficiles et clivants (hôpital, les "affaires" relayées en Suisse romande, les déficits budgétaires)."

Or, La Plage a atteint une taille critique. Elle souffre d'un sous-financement, qui génère une usure potentielle des forces vives. Cette difficulté vient s'ajouter à sa forte dépendance envers la météo.

Le festival compte 2,35 postes répartis entre sept salariés permanents. Ceux-ci travaillent pourtant au moins à 50%, ils offrent donc 20-30% de travail bénévole, soit 80'000 francs d'heures annuelles. Et plus de 60 personnes (technique et encadrement notamment) sont contraintes à une grande part de bénévolat.

Rester gratuit

La manifestation ne pourra pas trop grandir sans y perdre son âme: impossible, donc, d'accueillir 200'000 personnes. Impossible aussi de la déplacer, "elle ne pourrait pas marcher ailleurs en l'état". Et elle ne doit pas devenir payante, "ce serait la tuer à très court terme", car gratuité et bénévolat la rendent unique et conviviale.

Les organisateurs ont par contre identifié des axes pour l'avenir: trouver de nouvelles sources de revenus, réduire les missions bénévoles faites par les salariés, identifier les postes clés à professionnaliser.

Il faut aussi revendiquer et assumer un statut national et international, et collaborer avec les grands événements internationaux. Et enfin se diversifier, par exemple en développant des prestations de services.

ATS