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La ville de Rio se prépare pour son carnaval, du 24 au 28 février (archives).

KEYSTONE/AP/SILVIA IZQUIERDO

(sda-ats)

Les 9000 militaires déployés dans les rues de Rio de Janeiro pour renforcer la sécurité de la ville ont commencé à se retirer mercredi. La police est à nouveau opérationnelle, avant le début du carnaval qui s'annonce politiquement correct et moins dénudé cette année.

Les soldats avaient été déployés le 14 février à la suite d'un mouvement de manifestations de familles de policiers militaires. Celles-ci bloquaient les casernes pour demander le versement de salaires impayés des agents, qui n'ont pas le droit, eux, de manifester.

Une prolongation de neuf jours du déploiement initial était attendue à l'approche du carnaval, qui débute vendredi jusqu'au 28 février, et qui attire plus d'un million de touristes. Mais le ministre brésilien de la défense, Raul Jungmann, a expliqué mardi soir à TV Globo que le déploiement de l'armée n'était plus nécessaire, car "la police militaire et civile de Rio fonctionne à pleine capacité".

"L'armée ne doit pas se substituer aux activités de sécurité publique ordinaires" de la police, a souligné le ministre. Selon lui, cette décision permet aussi d'économiser des fonds publics: le dispositif a coûté 26 millions de reals (8,6 millions de francs), alors que le pays est plongé dans une récession historique.

Globeleza

Les festivités s'annoncent, elles, moins dénudées que d'habitude. Lorsque la nouvelle égérie du carnaval de la plus grande chaîne de télévision brésilienne a été présentée, les téléspectateurs ont en effet été pris de court: elle n'était pas nue.

La Globeleza, contraction de Globo, le média en question, et du mot beauté en portugais (beleza), est une véritable institution. Chaque année depuis 1991, une jeune fille, le plus souvent de couleur, jeune et jolie, dansait la samba dans son plus simple appareil, le corps recouvert seulement par quelques touches de peinture.

L'apparition en janvier d'Erika Moura, nouvelle muse du carnaval, en costume folklorique dans un petit clip de TV Globo, a été largement commentée dans la presse locale. Mais cette Globeleza new-look n'est pas le seul signe de moralisme de cette fête traditionnellement marquée par tous les excès.

Maire absent

Le nouveau maire de Rio, Marcelo Crivella, pasteur évangélique élu en octobre, pourrait bien prendre la poudre d'escampette pour passer le carnaval loin de sa ville. Les rumeurs de l'absence de l'édile n'ont pas été confirmées, mais une chose est sûre: ce n'est pas lui qui remettra vendredi les clés de Rio au Roi Momo, monarque obèse et haut en couleurs qui représente la folie du carnaval.

Il a préféré déléguer cette tâche à son premier adjoint, Fernando Mac Dowell. Pourtant, le fait que la ville soit gouvernée par un conservateur est loin de justifier à lui seul la tendance moins dénudée de ce carnaval version 2017. Le personnage de Globeleza fait l'objet depuis le début de critiques de la part d'activistes car il représenterait le stéréotype de la femme noire lascive.

ATS

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