L'augmentation de la pollution à la benzidine de la nappe phréatique près de l'ancienne décharge de Gamsenried (VS) préoccupe Joël Rossier. L'ex-chef du service valaisan de l'environnement le dit dans des documents que des médias ont pu consulter.

Huit médias (Le Temps, 24 Heures, la Tribune de Genève, la RTS, SRF, Le Nouvelliste, Canal 9 et Rhône FM) ont obtenu des documents liés à la procédure administrative qui a conduit à la libération de l'obligation de travailler du chef démissionnaire du service de l'environnement Joël Rossier. Plus de 500 pages obtenues après une médiation avec le préposé cantonal à la protection des données et à la transparence Sébastien Fanti.

L'ex-chef du service valaisan de l'environnement (SEN) y indique qu'il n'était pas en mesure d'appliquer correctement le droit environnemental en Valais et que c'est pour cette raison qu'il a démissionné. Il appuie ses dires par des courriels, rapports, notes internes et autres procès-verbaux.

Substance toxique et cancérigène

Plusieurs médias se concentrent sur le dossier de la benzidine, une substance toxique et cancérigène qui provient de déchets déposés par Lonza entre 1918 et 1978. En avril dernier, l'entreprise chimique avait communiqué avoir détecté de la benzidine en 2018 lors de son analyse des eaux souterraines près de l'ancienne décharge de Gamsenried dans le Haut-Valais.

Lonza avait précisé que l'eau potable n'avait pas été touchée. Interrogé alors par Keystone-ATS, Joël Rossier avait confirmé qu'aucune trace de benzidine n'avait été trouvée dans les puits d'eau potable et d'irrigation de la région.

Mais en été 2019, la montée en concentration de la benzidine, inquiète Joël Rossier. Il craint que les travaux de la troisième correction du Rhône n'aient aggravé la pollution.

"L'eau potable n'est pas contaminée"

Vendredi matin, les médias cités plus haut ont été reçus notamment par le conseiller d'Etat Jacques Melly. Cité par Le Temps, le chef du département valaisan de la mobilité, du territoire et de l'environnement a indiqué que "ni l'eau potable ni l'eau d'irrigation ne sont contaminées par la benzidine". L'Etat assure que l'eau rejetée dans le Rhône respecte les normes.

Interrogé par le quotidien sur ce que risquent les habitants des bords du Léman, dont l'eau potable vient du lac alimenté par le Rhône, Yves Degoumois, chef de la section cantonale des sites pollués, déchets et sols, répond: "La benzidine est une substance qui n'est pas persistante, qui se dégrade et qui est photosensible".

"Rupture de confiance"

Le chef du SEN a démissionné en juin dernier et aurait dû quitter son poste à la fin octobre. Il a été libéré de son obligation de travailler le 21 août dernier par le Conseil d'Etat qui a évoqué une "rupture de confiance".

Le gouvernement a affirmé que les rapports déposés par Joël Rossier aux autorités de surveillance (l'inspection cantonale des finances et la commission de gestion du Grand Conseil) ne sont pas la cause de son départ prématuré.

Résolution verte

En septembre dernier, le Grand Conseil a accepté par 89 voix contre 23 et 3 abstentions une résolution urgente portée par Les Verts. Elle demandait "un accès immédiat à l'intégralité des rapports" afin d'éviter "les supputations et les soupçons ".

Vendredi en fin d'après-midi, l'Etat du Valais a indiqué avoir remis les documents à des médias et à des formations politiques. "La procédure administrative (ayant conduit à la libération de l'obligation de travailler de Joël Rossier) étant terminée, le Conseil d'Etat leur a remis une copie après vérification et anonymisation par le préposé cantonal à la protection des données et à la transparence. Les documents remis par Joël Rossier à l'inspection des finances notamment, ne sont pas encore connus.

Neuer Inhalt

Horizontal Line


Comment votent les Suisses de l'étranger?

Comment votent les Suisses de l'étranger? Participez â l'enquête de la SSR !

Elections 2019 et la Cinquième Suisse

subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.